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Jeudi 7 mai 2009



Avec son album "does not sing christmas" (voir chronique plus bas), Sylvia nous offre depuis quelques semaines un recueil de pop songs et de ballades, entre rafraichissement avant la traditionnelle canicule estivale, et chope de bière dans un rade crasseux bien rock 'n roll. Dans quelques jours l'album sera disponible également via téléchargement sur les sites habituels, l'occasion d'avoir des réponses aux questions que l'on se pose sur ce disque qui aurait pu s'appeler "contraddiction".


1) Salut Sylvia, Une première question assez générale pour commencer, tu étais auparavant membre de plusieurs groupes, et cet album est ton premier en solo que je sache. Comment a été prise la décision de faire ce disque solo ? Est ce qu'il s'agit d'une collecte de titres que tu as écrits depuis un moment ou est ce que tu as juste fait une pause avec ces groupes ?


J’ai effectivement été instrumentiste dans des groupes divers et variés, il y a eu un groupe punk à la Public Image Ltd, un groupe de psychobilly, et puis La Féline, du folk-pop où la pédale de disto était prohibée. Il y avait des choses que j’aimais dans la musique de chacun de ces groupes… Mais à la longue il est devenu frustrant de consacrer autant de temps et d’énergie à des projets qui finalement ne me ressemblaient guère, au détriment de mes propres chansons.

Je compose dans mon coin depuis des années, pour moi. J’ai toujours eu le lointain projet d’enregistrer mes machins, ou de les jouer dans un groupe à moi… Mais ça relevait plus du fantasme que d’autre chose, c’était comme si j’étais une petite fille qui rêve de devenir chanteuse quand elle sera plus grande. Je ne me considérais pas comme une « vraie » musicienne.
Et puis un dimanche, il y a un an, je lisais un livre sur Bob Dylan, où un journaliste était venu en studio pour assister à l’enregistrement de je ne sais plus lequel de ses albums, en 64. Le Bob enregistrait très vite, 3 titres en une soirée, seul avec sa guitare – c’était avant qu’il ne passe à l’électrique. Et en lisant ça, je me suis dit « mais au fait, merde, moi aussi je suis capable d’enregistrer mes chansons en studio toute seule, vite fait sur le gaz. » La comparaison avec Dylan s’arrête là. J’ai fermé le livre et me suis mise à envisager l’aspect technique de l’enregistrement. Sans label, avec juste un ami ingé-son et un peu de sous que j’avais de côté, c’était faisable. A la base, l’album ne devait contenir que des ballades, moi toute seule avec ma guitare. Et puis des gens m’ont suggéré d’y mettre de la batterie, j’ai demandé à deux amis batteurs qui ont été d’accord, voire enthousiastes. On est partis à Brest avec mon pote ingé-son et mon pote batteur, enregistrer chez un mec qui a aménagé un studio assez pro dans sa cave. Houlà c’était bizarre ! C’était la première fois que je prenais les rennes d’un projet. D’habitude j’arrive, je joue ce qu’on me demande, j’empoche les tickets-boissons et je m’en vais les utiliser dans mon coin, la logistique c’est pas mon truc, je préfère aller au bar. Là, en studio, c’était à moi de prendre les décisions. J’ai dû y prendre goût faut croire, j’ai tout régenté : le mixage, le mastering, la pochette, le pressage et maintenant la promo à l’arrache. Au final, il me semble que ça en valait la peine.



2) Pour ce premier album tu as fait le choix d'un disque varié et non pas d'un disque compact, on a ainsi des morceaux très rock, d'autres plus pop, et même quelques ballades. Pourquoi ce choix ?


Mais, mon garçon, mon disque est varié car la VIE est variée ! (je plaisante)(pas). Plus sérieusement. D’une part, je n’aime pas la monotonie. Quand j’écoute un disque, j’aime être surprise. D’autre part, certaines chansons sur l’album ont été composées il y a 8 ans, « Love Song » par exemple, et d’autres sont toutes récentes. Quand j’ai fait ma sélection parmi la trentaine de morceaux valables que j’avais composés dans toute ma vie, j’ai choisi des titres qui ne se ressemblaient pas, tant qu’à faire.




3) Tu utilises et superposes beaucoup ta voix sur ce disque. Est ce qu'il y a un/une chanteur/se qui t'inspire particulièrement pour tes prises de voix ?


Kim Deal a une voix magnifique. Pour beaucoup de gens, une chanteuse doit avoir une « voix », de la technique, faire des fioritures, travailler ses vocalises avant concert, ce genre de conneries. Comme si chanter relevait de la performance technique. J’ai toujours pensé que trop de technique nuit à la musique. On fait de la musique pour faire passer des émotions, pas pour dire aux gens « hé les mecs, regardez toutes mes octaves, regardez comment j’arrive trop bien à monter dans les aigus, vous pouvez pas en faire autant, hein, hein ?.. »

Kim Deal chante comme un être humain. Humblement. L’alcool, la clope et la fatigue clairement audibles dans sa voix, ses faiblesses vocales complètement assumées, tout cela fait que quand elle chante on entend une vraie personne, touchante.
En ce qui concerne mes harmonies vocales et mes chœurs… Eh bien, j’écoute de la pop sixties, et la pop sixties est truffée de belles harmonies, voilà tout.



4) La force de cet album réside également dans ses excellents textes, à la fois personnels et universels. On sent qu'ils portent sur des choses que tu as vécues mais on se sent également touchés et concernés par ce que tu y dis. Est ce que tu peux nous parler un peu plus de ton processus d'écriture de textes ?


Je ne sais pas si on peut vraiment parler de « processus » pour quelque chose d’aussi bordélique… Mes textes sont indissociables de la mélodie pour laquelle ils ont été écrits. Ils ne racontent pas nécessairement des choses que j’ai vécues (fort heureusement, je n’ai jamais tué une jeune fille, ni ne me suis jetée sous le métro à l’heure de pointe). Il m’arrive d’avoir peur que mes amis comprennent mes textes, et ne veuillent plus me parler après. Qu’ils croient que je suis une pauvre folle probablement dangereuse. J’ai passé mon adolescence fascinée par les textes de Lou Reed, qui racontent des choses trash sur un mode cynique, mais toujours avec beaucoup d’humour… Effectivement, quand j’aime une chanson, le texte est très important pour moi. Envisagerais-je « Midnight Rambler » de la même façon si je ne savais pas qu’elle parle de l’étrangleur de Boston ? « Heroin » si je ne savais pas qu’elle cause de drogue ? Le « No Surprises » de Radiohead si elle ne racontait pas un suicide ?

Pour en revenir à mes paroles, eh bien, je ne chante pas le joli amour ni la gentille joie de vivre, parce que ça ne m’intéresse pas. La vie peut être sacrément violente, voire franchement pas marrante, par moments. C’est cet aspect-là que je recherche dans la musique que j’écoute, ça doit probablement relever d’un genre de catharsis, ou un machin comme ça…
J’ai écrit l’ébauche du texte de « Love Song » à 15 ans, après avoir lu le roman « Le Parfum » de Patrick Süskind. Ca s’appelait déjà « Love Song ». L’histoire d’un meurtre présenté comme une chanson d’amour, je ne sais pas, ça me parlait. Peut-être parce que l’amour est intrinsèquement violent… Beau, et puis violent un peu aussi….



5) Toujours concernant les textes, tu parviens parfois à écrire des choses assez dures exprimant la tristesse ou la colère sur une musique qui n'est pour autant ni dark ni dépressive (je pense notamment à Nicely Stupid) comme c'est souvent le cas pour ce genre de texte. Comment expliques tu cela ?


« Nicely Stupid » est un mauvais exemple, car justement sur ce morceau je trouve que paroles et musiques sont en adéquation. On a fait musique plus hard tu me diras, mais le riff est tendu, assez violent je trouve… « Nationale 3 » illustre mieux ce que tu dis. Ce morceau guilleret parle de quelqu’un qui se sent tellement seul qu’il envisage de se jeter sous un camion, mais se demande si ça vaut la peine, vu que personne ne se souviendra de lui. L’angoisse de ne pas passer à postérité, d’avoir vécu sa vie pour rien… Le tout chanté sur un morceau en forme de blague, que des power chords, limite Blink 182. Pourquoi ce contraste entre paroles et musique ? Peut-être pour alléger le contenu, peut-être au contraire pour rendre le texte encore plus glauque une fois qu’on l’a compris ?.. C’est une démarche qui me vient naturellement, je ne sais pas vraiment pourquoi. Peut-être aussi pour brouiller les pistes, pour que les seules personnes habilitées à comprendre mon disque soient celles qui le veulent vraiment, celles qui creusent pour bien piger de quoi je cause… Sorte de sélection. Oh là là, comme je suis prétentieuse !

Ou alors, plus simplement, je n’aime pas la musique dépressive ou dark. Des trucs comme Bahaus, la cold-wave ou le metal, m’emmerdent au plus haut point. J’aime la pop, les mélodies simples, les harmonies.



6) Quels sont tes projets à venir concernant ce disque mais aussi tes activités musicales ?


En ce qui concerne ce disque, eh bien, je n’en ai aucune foutue idée.

Il y a des gens que ce disque touche, c’est bien, c’est pour ça que je l’ai fait. Il y en a aussi beaucoup que le disque laissent indifférents, bah tant pire, je n’écris pas des chansons pour plaire aux gusses qu’ont des goûts de chiotte. Je n’envisage pas que le disque ait ce qu’on appelle du « succès ». Si un petit label venait à s’intéresser à mon cas ce serait marrant, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai prévu, ni même réellement espéré.
Par contre, ce que je voudrais bien c’est faire un groupe. Un vrai groupe je veux dire, pas un backing-band de moi. Idéalement, un trio guitare-basse-batterie. Un groupe où on composerait collectivement ; j’ai envie de jouer des choses nouvelles, plus rock, avec de l’énergie. J’ai vraiment envie de rejouer de la basse sur scène, ça me manque.



7) Beaucoup de tes morceaux plus rock font penser aux Breeders, et je sais que tu es une fan, mais tes ballades à la fin du disque me font penser à certaines artistes féminines comme Jesse Sykes. Est ce qu'elle fait partie de tes influences ? quelles sont tes références à ce niveau ?


Je ne sais même pas qui est Jesse Sykes ! Tu excuseras mon ignorance crasse, je ne me tiens pas trop au courant des trucs qui sortent ces temps-ci… J’écoute beaucoup de vieux trucs folk ou country depuis quelques années, des ballades traditionnelles avec des belles mélodies toutes simples, c’est souvent triste mais jamais dépressif ni dark, ça ne se prend pas la tête ni ne se regarde le nombril, ça raconte des trucs universels. Et puis j’aime bien le son un peu crade des vieux enregistrements. Je ne vais pas pour autant me mettre à faire semblant que je suis une country lady et qu’on est à Memphis genre en 62, ce serait une imposture, et puis ce ne serait pas très intéressant.

Mais pour en revenir à mes ballades… Je pense qu’elles doivent plus au Velvet qu’à la vieille country. Le reste de l’album est également très influencé par le Velvet, si tu écoutes bien. Si tu savais ce que ça peut m’emmerder, depuis quelques années, n’importe quel crétin de baby-rockeur jouant du sous-Doherty de mes deux, se dit fan du Velvet. Ecouter le Velvet, c’est devenu pareil que porter un slim, c’est la putain de mode. Du coup, j’ai toujours peur de passer pour une fashion-victim quand je parle du Velvet, alors je ferme ma gueule. Mais pour une fois que j’ai l’occasion de l’ouvrir en public, hein, eh bien voilà : j’ai découvert le Velvet à l’âge de 12 ans ½, j’ai pris ma claque, appris l’anglais avec les textes de Lou Reed, et il n’y a pas un souvenir de mon adolescence qui ne soit associé à une chanson du Velvet. Et je ne porte pas de jean slim.



Question Bonus : Sylvia, on te sait très attachée aux visuels, d'ailleurs tu fais notamment de la photographie, quelle est donc la pochette de disque ultime pour toi ?


J’adore le travail de Vaughan Oliver, le graphiste attitré de 4AD, qui réalise toutes les pochettes des albums qui sortent sur le label. On va encore me traiter de monomaniaque, mais les photos qui illustrent le livret du « Doolittle» des Pixies sont de pures merveilles.






L'album de Sylvia est désormais disponible via téléchargement à cette adresse
http://www.pop-only-knows.fr/catalogue.html
Par Puissance 4 - Publié dans : Interviews
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Mercredi 6 mai 2009
Parfois, il est bon de s'allonger dans son petit chez soi, et de s'écouter de la musique planante, relaxante.

Je vous propose aujourd'hui une petite sélection de mes disques préférés pour ce genre d'occases



Eluvium - Talk Amongst The Trees

Alors ça mes amis, c'est une véritable couette musicale ambulante... Un son épais et cotonneux qui vous enveloppe pour vous emmener au pays des rêves, je le pratique fréquemment. Y a tout ce que j'aime dans un disque planant. De la musique ambient, mais super lumineuse




Lustmord - Heresy

Là c'est du gros dossier aussi... c'est mon disque préféré pour m'endormir. Alors Lustmord si vous connaissez pas c'est juste le pape de la Dark Ambient. Ce mec a une faculté à créer des ambiances sonores tout bonnement hallucinante. Pour le profane on a l'impression que sa musique est faite de rien, et pourtant elle est incroyablement travaillée. La preuve, mettez le disques, allongez vous et fermez  les yeux... je vous garantie que vous aurez des images dans la tête et que vous allez voyager !




John Zorn - Filmworks XIII : Invitation to a suicide

John Zorn est un des poids lourds de la musique contemporaine, jazz et avant-garde. Difficilement accepté aux débuts de sa carrière, il en était réduit à organiser des concerts dans son appartement à New York !! Aujourd'hui référence incontestée de la musique du XXè sciècle, patron de label (Tzadik) et propriétaire d'un club de renommée mondiale (The Stone à New York), on dénombre plus de 350 albums à son actif. Et l'on peut dire que John Zorn ne passe pas sa vie à se répéter, aussi à l'aise dans le jazz plus ou moins conventionnel (Havas, Masada...) que dans l'avant-garde (Kristallnacht, Moonchild, Naked City). Zorn est aussi un fervent créateur de mélodies, la preuve avec ses "Filmworks", série d'albums sensés être composés pour des films. Ce volume XIII est particulièrement énorme, avec un thème pas si triste que ça malgré son titre "Invitation to a suicide"




John Zorn - Filmworks XIV : Hiding and Seeking

Le volume suivant, légèrement en dessous du volume XIII, mais on y retrouve le même procédé et surtout le côté très organique (orgasmique ?) de l'instrumentalisation. Un superbe disque où l'on retrouve d'ailleurs des invités de choix comme le bassiste Trevor Dunn (Mr Bungle, Fantômas, Moonchild,Trevor Dunn's Trio Convulsant...) ou encore un vieux compère de Zorn : l'immense guitariste Marc Ribot




Tin Hat Trio - Memory is an elephant

Ce sont eux-aussi des amis de John Zorn justement. Ils définissent leur musique comme une "musique acoustique de chambre", ce qui les qualifie assez bien. On y retrouve la douceur et le volupté des cordes chez ce trio qui n'en n'est pas un.




Brian Eno - Ambient 1 : Music for airports

Est-il vraiment nécessaire de rappeler que Brian Eno est probablement un des musiciens les plus géniaux de ces dernières décennies ? On connait sa passion pour les musiques planantes et pour les "Buddha Machine", cet album ne fait pas exception. Une belle démonstration de la part du maestro.




Mono - You are there

Le post-rock est un truc très à la mode depuis la brillante percée de Sigur Ros (que j'aurais pu ajouter à cette liste mais c'était un peu trop prévisible). Cependant, les japonais de Mono méritent amplement le buzz qui les pousse depuis maintenant quelques années. Alors "you are there" c'est un album juste parfait, enregistré par un des meilleurs ingénieurs son de la planète : Steve Albini (on lui doit notamment des albums de Nirvana, Pixies, Pj Harvey, The Ex ou encore Neurosis). Intensément chargé en émotion, l'album oscille entre mélodies intimistes et montées aussi grandiloquantes que vertigineuses... Et puis cette cloture d'album sur "Moonchild"... probablement un des morceaux les plus immenses de ces 10 dernières années... pour tout vous dire quand je les ai vus pour la première fois en 2006 et qu'ils ont joué ce titre, j'ai faillit chialer tellement c'était intense... et oui, même un dur comme moi !




Earth - The Bees Made Honey in the Lion's Skull

Earth est un groupe qui n'aura hélas jamais la reconnaissance qu'il mérite car il est plus connu pour des faits extérieurs à la musique... En effet son créateur, Dylan Carlson, n'est autre que le meilleur ami et pote de défonce d'un certain Kurt Cobain, c'est d'ailleurs lui qui a acheté le fusil qui a permis à Cobain de se suicider. Dans les années 80 Earth un groupe entre heavy et punk comme il y en a des centaines aux USA. Et puis Carlson se met à bosser dessus, et s'enferme en studio pendant plusieurs jours. Lorsqu'il en ressort, c'est pour exposer aux autres membres une musique incroyablement lente et trippante, bien loin du gros rock qui tâche qu'ils étaient habitués à jouer. Après de longues années d'absence (drogues, procès...) cet album est le deuxième depuis le "retour" de Earth sur la scène. Et le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un come-back en grandes pompes avec un des disques les plus intenses et géniaux de sa discographie qui ne laisse toutefois pas de place pour un album inutile (à écouter absolument : Earth2, Thrones and dominions ou encore Pentastar in the style of demons)




Sunn O))) & Boris - Altar

Ceci est un album qui signe une collaboration entre deux des groupes les plus ingénieux actuels : Boris, des japonais qui aiment alterner mélodie, gros rock et expérimentations bestiales. Et Sunn O))), probablement un des projets les plus fous depuis 50 ans. Sunn O))) réunit deux hommes : Greg Anderson, et Stephen O'Malley, tout deux membres d'une ribambelle de groupes tous plus géniaux les uns que les autres, sunn o))) est un concept simple, Greg et Stephen appellent des potes à eux, ils font un véritable mur d'une vingtaine d'amplis de guitare et basse, et ils s'amusent aux expérimentations les plus primales et primaires possible,en n'oubliant pas d'enfiler des "Grimm Robes" sortes de tuniques de moine, pour donner une parfaite illusion de messe noire. Cet album reprend les recettes des deux groupes, mais pour la première fois, ajoute une bonne dose de simplicité et de mélodie. "Sinking Belle (blue sheep)" est particulièrement immense.




Ginnungagap - Remeindre

Un des autres projets de Stephen O'Malley (sunn o))) justement) qui consiste à produire de la "drone music" c'est à dire une musique planante quasi monochorde et chargée en émotion, à partir d'instruments traditionnels indiens. Le disque n'est malheureusement plus pressé il me semble, mais vous le trouverez facilement en mp3




Lovage - Music to make love to your old lady by

La pochette copie un album de Gainsbourg, ce qui est en soi une preuve de bon goût indéniable. Ce projet très orienté trip-hop a été créé à l'initiative de Dan the automator (RZA, Gorillaz, Peeping Tom), Portishead ou Massive Attack rode pas loin avec ce côté très sensuel en plus. On y retrouve notamment un des vocalistes les plus doués de sa génération : Mike Patton (Faith no more, Mr Bungle, Fantômas...), cela dit c'est sans doute le moins "planant" de cette sélection.




OM - Conference of the birds

Eux aussi étaient membre d'un groupe bien bourrin autrefois (sleep) et eux aussi se sont bien calmés depuis. Ce duo basse-batterie donne véritablement dans l'hypnotisme. Mais ce qui distingue le mieux ce groupe, c'est évidemment ce formidable jeu de basse d'Al Cisneros, polyvalent et intuitif à souhait, et surtout, un son extraordinaire et hors du commun. Comme quoi Lemmy Kilmister n'est pas le seul à savoir se servir d'une Rickenbaker !




Steve Reich - Four Organs / Phase Patterns

Steve Reich est un des géants des musiques contemporaines et minimalistes. Ecouter un Steve Reich c'est un peu comme lire un Molière, ou un Shakespeare au fond. C'est un classique incontournable dont le travail a eu des retombées énormes sur les successeurs. Il était un des précurseurs de l'utilisation de boucles notamment.




Christian Fennesz & Ryuichi Sakamoto - Cendre

Un des disques les plus récents de cette sélection, il réunit le suisse Christian Fennesz, connu pour ses projets electro-ambient, et Ryuichi Sakamoto au piano. Le disque est des plus reposants qui soit. L'alliance de ces deux artistes est une vraie bonne idée qui fait indéniablement passer un bon moment à l'auditeur.




Oren Ambarchi - Triste

Il y a des gens à la mode dans la musique, il y a pas si longtemps, il était inimaginable d'acheter un magazine musical et de ne pas voir le nom de "Justin Broadrick" un peu partout dans les sorties de disques, aussi bien en tant qu'instigateur d'un projet qu'en tant qu'invité... il y a eu l'époque "Mike Patton" (qui commence un peu à se calmer) et aussi l'ère "Dave Grohl"... on fera l'impasse sur Masami Akita (Merzbow) qui est sans cesse invité par tout le monde sur des disques depuis 10 ans. C'est aujourd'hui au tour d'Oren Ambarchi d'être invité un peu partout en studio. Autrement dit, si vous écoutez du Ambarchi, vous êtes quelqu'un de cool. Et cool, cet album l'est grandement avec ses couches de clavier ultra-planantes et ses guitares plutôt discrètes. Bien vu Oren !




Fuck Buttons - Street Horrrsing

Avec le coup de pouce du désormais culte, ATP Festival, ils se sont vite taillés une réputation de tueurs. Réputation amplement mérité pour ce premier album tout simplement parfait. Entre shoegaze electro et sonorités tribales obsédantes, ce disque ne laisse pas de marbre et nous laisse dériver au grès des courants sonores puissant qui déferlent tout au long des compositions de ces petits jeunes très prometteurs.




KTL - II

Le deuxième album de ce projet, à la base formé pour servir de bande son à une pièce de théâtre inspirée des Kindertotenlieder (célèbre recueil de "poèmes pour enfants morts" d'un père à ses fils décédés, beaucoup d'entre vous connaissent, je vais pas m'étendre d'avantage). Ce projet réunit Peter Rehberg (PITA) et Stephen O'Malley (Khanate, Sunn O))), Burning Witch, Ginnungagap...). Le premier album était très prometteur mais ce second opus le surpasse sans problème. J'ai eu l'occasion de le voir joué en live et c'était sans problème un des 10 meilleurs concerts auquel j'ai assisté de ma vie ! Une véritable claque. A noter que le III n'est pas terrible mais que le IV est démentiel.




Burzum - Hlidskjalf

On va cloturer cette liste par un vrai "bad boy", Burzum, le groupe d'un seul homme : Varg Vikernes. Egalement connu pour être bassiste dans un des groupes de black metal les plus influents de tous les temps : Mayhem. Le groupe est connu pour être une référence Black Metal mais aussi pour des faits divers assez inhabituels : d'abord ils ont brûlé des dizaines d'églises à travers toute la Norvège. Ensuite, ils avaient des coutumes assez étranges, ainsi le chanteur de l'époque, surnommé "Dead", avait pour habitude de s'enterrer avant les concerts pour avoir la peau plus blanche ou d'enterrer ses vêtements dans les cimetières voisins pour qu'ils aient l'odeur de décomposition. Il portait également un genre de sac sur scène où il mettait un corbeau mort pour renifler l'odeur de décomposition... charmant n'est pas ? Dead se suicida un peu plus tard en se tailladant les poignet et en se finissant à l'arme à feu. Quand deux autres membres le trouvent mort dans le chalet qui appartient au groupe, ils lui découpent le crâne pour manger un bout de son cerveau et se faire un collier avec des bouts d'os de son crâne... Un peu plus tard le guitariste du groupe, surnommé "Euronymous", sera tué par le bassiste de Mayhem de 23 coups de couteau, l'assassin est donc un certain Varg Vikernes, dont Burzum, le projet est déjà en route depuis un moment. Varg est évidemment emprisonné et devient en prison un leader néo-nazi... Il abandonne le black metal pour jouer une musique ambient à base de claviers car selon lui le black metal vient du rock qui vient du blues : une musique noire non-aryenne.... Cependant dans Burzum, si Varg Vikernes fera souvent allusion aux légendes et divinités du folkore viking, il n'y aura pas de trace d'idéologie nazie dans les albums. riquiqui à riquiqui Varg Vikernes se dégage de l'idéologie nazie, donnant même une interview expliquant qu'il n'est pas nazi car il respecte profondément les slaves et leurs cultures. En 2003 il tente de s'évader de sa prison mais est rapidement capturé. Il expliquera dans une interview qu'il trouve inacceptable d'être aussi bien traité en prison, car il a notamment un lit et la télévision et prétend qu'il demande tous les jours à ses gardiens qu'ils l'insultent et le mettent dans un cachot digne de ce nom. Burzum est mort en 2000, Varg Vikernes semble vouloir disparaitre progressivement du paysage médiatique norvégien mais également se calmer en terme d'idéologie, rejetant le nazisme, et pratiquant la religion Ásatrú tout en continuant à fustiger le christianisme. Cet album fait partie de la fin de Burzum, avec un côté ambient hypnotique et des thèmes principalement liés au folklore scandinaves et aux légendes et mythes norvégiens. Pour l'annecdote Varg Vikernes devrait sortir de prison l'année prochaine, et même s'il est nécessaire de rappeler qu'il est probablement un grand malade, on ne peut nier que son travail notamment dans Burzum est pour le moins remarquable dès lors que l'on fait abstraction du personnage qu'est son auteur.
Par Puissance 4 - Publié dans : Autres
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Mercredi 6 mai 2009


Il y a des disques comme ça, dont l'artwork donne déjà une idée de l'ambiance générale du contenu. Cet album en fait, en quelque sorte, partie. Lorsqu'on l'a entre les mains, on a tout d'abord les yeux accrochés par cette pochette, claquante de rose, rouge etc... pas les tons les plus déprimants qui soient donc, mais qui contrastent bien avec le titre du disque "Does not sing Christmas".

On retourne l'album et cette fois on a droit à une photo noir et blanc, classique (et dans classique il y a classe, car le N&B l'est évidemment), de Sylvia assise sur ce qui semble être une remorque de camion. Très sobre donc mais là l'effet est inverse, un petit écriteau "convoi exceptionnel" collé sur la remorque donne à nouveau un côté décalé qui nous fait largement sourire.

En fait Sylvia Hanschneckenbühl aime brouiller les pistes. Et quand j'ai reçu le disque un beau matin (non, c'est vrai il faisait un temps de merde), je l'ai tout de suite mis dans ma platine, et moi aussi je me suis laissé avoir. De jolies mélodies, un sens de la composition simple, presque de la comptine parfois, la première fois on remarque surtout ça.

Sauf qu'en enchainant les écoutes, on se rend vite compte que chaque titre est une sorte d'image d'Epinal. Dire des choses qui font mal, des choses dures, des choses de la vie au fond... sur des mélodies qui n'ont rien de torturé... ça n'est pas donné à tout le monde, avouons le.

Welcome to a New Town remplit parfaitement son rôle d'introduction à l'album. S'en suit probablement une des meilleures chansons de l'album : 17.30 Underground. Ce qui impressionne surtout dans ce titre, c'est la capacité de Sylvia à occuper l'espace sonore, en quelques sortes. Elle n'envoie pas la purée contrairement à beaucoup de groupes. C'est un peu comme si elle jouait avec le silence parfois, c'est assez difficile à expliquer, mais on a vraiment ce sentiment. Et on retrouve aussi un effet typiquement "Sylvien" dans la voix, ceux qui étaient déjà passé par le myspace pour écouter les chansons, reprises et diverses autres friandises sauront de quoi je parle.

Iris possède ensuite une ambiance légèrement plus froide avec cette basse mise en avant et une batterie quelque peu mécanique, on apprécie vraiment ce changement d'ambiance, d'autant que la superbe voix de Sylvia vient complètement nous bercer sur les chorus et ajoute une note mélodique incontestablement judicieuse.

Orange Juice nous fait quitter ce passage plus froid pour, au contraire, une interlude plus joyeuse dans son ambiance.

On attaque ensuite un gros morceau de l'album : Nicely Stupid. Peut-être bien ma préférée, et là on est complètement dans ce que je disais au début de cette chronique, à savoir, une mélodie que Sylvia nous écrit sur la gueule à l'encre indélébile, un truc obsédant, simple, mais pas chargé de rage ni torturé. Par contre le texte lui l'est, ou semble l'être, rempli de colère, et Sylvia nous chante ses mots avec une certitude et une simplicité juste déconcertante. C'est superbe. Dors et déjà un de mes morceaux à venir de l'été, notamment à cause également de certaines parties de guitares qui viennent renforcer la mélodie de quelques notes saupoudrées  ici et là.

Love Song redescend d'un cran niveau tempo, c'est ici, plus que jamais la voix de Sylvia qui tient le morceau par les couilles si j'ose dire. La musique semble presque être construite autour de la ligne de chant. Le final, par contre prend plus de liberté et même un certain envol, pour nous rappeler que si Sylvia sait écrire des chanson, ça reste toujours bel et bien un disque de rock (album, qui doit d'ailleurs prendre un aspect complètement différent en live).

On entre ensuite dans ce qui aurait pu être une chanson piège, vous savez, ces ballades lourdingues et dégueulasses, prenez quelques albums d'Harvey Milk, je les adore et ils sont très bons quand ils font dans l'énergie, mais ce sont les champions de la ballade de camionneur mielleuse... Ici Sylvia ne tombe pas dans le panneau, la montée est progressive et elle joue avec ses voix au lieu de nous sortir des solos larmoyants ou autre. Belle preuve d'intelligence et de maturité.

Nationale 3 remet l'album sur des rails plus énergiques, on pense pas mal aux Breeders, qu'on sait être une influence majeure de Sylvia, les années 90 sont bel et bien là. Et ça fait plaisir, ça rappelle plein de chansons qu'on aimait écouter, et que d'un coup on a envie de ressortir, ces disques qui prennent parfois trop la poussière. Et le final avec ce "Nobody cares" est simple mais diablement effectivement.

Comme pour Salt & Wine, c'est ici aussi (Untitled) la voix de Sylvia qui fait une grosse partie du boulot, dans ce morceau minimaliste, gros côté mélancolique ici. On est passé du rock 90's au son chaud sentant les US à plein nez à une ambiance d'automne plus froide. Plus loin dans l'album, Ending Music sera aussi dans le même esprit.

Memory est lui aussi très Breeders, le début est assez classique, en revanche la deuxième moitié et le final du titre le subliment complètement.

 Enfin The Old Drunk Song vient conclure l'album de fort belle manière. Et je ne sais pas pourquoi ça me fait un peu penser à du  Mark Lanegan sans être forcément proche (et puis bon, Sylvia, n'a pas vraiment la même voix...) vous savez, ce genre de titre dont on sent qu'il a été écrit après une soirée (de trop ?), qui sent la bouteille (aux deux sens du terme).



Au final un premier album très réussi pour Sylvia, un bon paquet de compositions excellentes, 17.30 Undeground, Nicely Stupid, Nationale 3 et The Old Drunk Song sortent réellement du lot pour ma part mais je suis certains que les autres titres plairont à d'autres personnes qui chercheront (et toruveront) autre chose dans cet album, car il n'y a véritablement rien à jeter sur cette galette.

Si Sylvia sait incontestablement composer une chanson, ce disque n'est pas pour autant un disque pop ou de ballade, c'est bel et bien un disque rock. Certes pas sauvage dans ses chansons, mais les textes parfois durs, souvent justes, chantés comme Sylvia le fait, assurent son lot de rock 'n roll à un album haut en couleurs et en ambiances.

Maintenant que faire ? Attendre de pouvoir entendre tout ces bons morceaux en live un jour, et puis évidemment, attendre une suite à ce premier chapitre déjà très prometteur.


En attendant voici le myspace de Sylvia pour suivre son actu et bien sûr, en parler autour de vous :

http://www.myspace.com/Hanschneckenbuhl
Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de disques
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Jeudi 9 avril 2009


C'est parti pour les festivals ! Avec le premier cette année auquel j'assiste tous les ans : le Domino Festival organisé à l'Ancienne Belgique de Bruxelles. J'arrive donc avec un peu de retard à l'AB Club, qui affiche complet mais qu'il me semble bien avoir déjà vu bien plus rempli (notamment pour Boris il y a un peu moins d'un an).

Drums are For Parades occupent à ce moment là la scène. Je les avais vus il y a quelques semaines à la Malterie à Lille où ils ouvraient pour Hitch, cette fois, grande scène oblige (ou plutôt, le permettant), ils joueront avec deux batteurs sur scène. Inutile de préciser que le rapprochement avec les Melvins est donc vite fait, d'autant que le groupe a vraiment l'allure d'un tribute band, tant dans l'allure du frontman "Buzzifiant" que dans leur musique. Le souci étant que contrairement aux Melvins, l'ajout du deuxième batteur ne sert strictement à rien à part un côté visuel "sympa". En plus sincèrement, ce deuxième batteur semblait à la ramasse sur quelques titres. Mais ils ont toujours une bonne poignée de titres très bon alors ça va.


La suite sera dans un autre trip, bien moins gras puisque ce sera AmenRa qui prendra la suite. Je crois bien que je ne les avais pas vu depuis un sacré bail... en fait depuis qu'ils avaient ouvert pour Om il y a un an, donc autant dire que si le groupe n'a pas sorti d'album depuis (je ne sais plus si Mass IIII était sorti à l'époque mais ils l'avaient déjà joué). Les premiers morceaux seront assez poussifs, on sent un groupe qui gère mais qui se contente de ça. Ce n'est que dans la deuxième moitié de leur prestation que l'on sent le groupe chauffé et prêt à en découdre, et le moins qu'on puisse dire c'est que si AmenRa a joué les diesels hier soir, ils ont aussi frappé très, très fort pour la fin de leur concert... Les deux derniers titres auront même été jouissifs à un point que je n'avais pas encore connu à un de leurs concerts.


Enfin, la tête d'affiche se met en place, avec des cables et des pédales d'effets partout, ce sont bel et bien les musiciens de A Place To Bury Strangers. Avec une telle réputation noisy de tueurs de tympas, on pourrait croire que ces New Yorkais se sont inspirés de leurs vedettes locales Sonic Youth, pourtant leur musique se rapproche bien plus du shoegaze que de la bande à Thurston Moore.

Les deux premiers titres nous laissent un peu sur notre faim, en fait je trouve ça trop "américain" pour du shoegaze, trop lourdeau à l'image de ce grand dadet de batteur s'agitant sur sa charleston et de ces vidéos pixelisées qu'on croirait chopées sur youtube qui nous flinguent les yeux.

Mais dès le troisième titre, on est transportés vers le Royaume-Uni et tout de suite on se sent bien mieux, bien plus en phase avec ce qu'on attendait du groupe. Cependant, alors que l'album les plaçait en cocktail de Joy Division et Jesus & Mary Chain, le live les rapproche quant à lui de My Bloody Valentine (avouons qu'on a fait pire comparaison). Les morceaux s'enchainent, la batterie est claquante, la basse puissante obsédant, et le guitariste joue sur trois amplis en même temps dans une sorte d'océan de reverb avec une voix noyée sous ses riffs noisys. Franchement très bon. Pas le temps de calculer, tout va très vite et le niveau reste toujours très haut. La fin du set deviendra même complètement psychédélique avec de la fumée partout dans la salle et des vidéos hypnotiques qui auront fait tripper tout l'AB Club hier soir.

On arrive enfin au final, et cette fois la pression monte encore d'un cran avec des expérimentations noisys du plus bel effet, le guitariste fait subir toutes sortes de torture à sa jaguar qui semble pourtant en avoir vu d'autres, jusqu'à la claquer par terre et la balancer aux quatre coins de la scène dans un bruit blanc ahurissant, il déchiquettera littéralement les cordes avant de finir à genoux devant ses effets à modeler le son de larsen vomit par ses trois amplis.

Alors que l'on croyait le set terminé, il reprend une autre jaguar posée sur le côté de la scène et le groupe nous achève d'une version de Océan magistrale. Salut discret (on est pas un groupe de shoegaze pour rien) et ils se tirent en loge après nous avoir mis notre claque. Génial.

Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de concerts
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Dimanche 1 mars 2009


Disque posthume tout juste sorti, oui posthume parce que le groupe n'existe plus, James Plotkin ayant voulu mettre sur la gueule de son chanteur Alan Dubin, puis du reste du groupe...


Khanate, c'est un supergroupe de la mort, orienté doom/drone qui réunit James Plotkin (phantomsmasher, OLD...) à la basse, Alan Dubin (OLD) au chant, Stephen O'Malley (Sunn O))), Burning Witch, KTL, Ginnungagap...) et Tim Wyskida (Khlyst, Blind Idiot God...) à la batterie.

Khanate c'est un son lourd et froid, inspirant la mort, la maladie et tout un tas de trucs méga glauques, c'est aussi une basse lourde et pesante, celle de Plotkin, les doigts fous de Stephen O'Malley sur sa célèbre guitare Travis Bean, et aussi le chant hallucinant d'Alan Dubin, hurlant à la mort, sentant la souffrance à plein nez (la batterie faut bien le dire on s'en fout un peu).


Quelques albums et EPs plus loin, Khanate enregistre donc cet album juste avant de splitter. Il nous aura fallu attendre plus de deux ans et demie pour qu'il sorte enfin. Et le résultat est saisissant. Dès les premières secondes du disque, poussé comme le veut la tradition pour écouter un album de Khanate, à un volume indécent, c'est le chaos qui envahit la pièce.

Première surprise la guitare d'O'Malley est bien plus présente que dans les opus précédents. La première moitié de l'album (en terme de temps, donc les 3 premiers titres) sont vraiment à bloc, oppressants, alors que la deuxième moitié est bien plus ambient même si l'on y reconnait aisément les ingrédients de Khanate.

Au final on regrette vraiment le split du groupe car il s'agit bien là du meilleur album que le groupe ait sorti, au même niveau que Things Viral qui lui aussi était un vrai chef d'oeuvre, mais dans un délire plus obsédant, moins atmosphérique.
Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de disques
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Mardi 6 janvier 2009


Tout le monde le sait, Glasvegas, c'est LA sensation du moment au Royaume-Uni, et pour ceux qui ne sont pas encore au courant, petite séance de rattrapage.

Glasvegas, la référence est évidente, mais pourquoi ce grand G majuscule au début de leur nom me direz vous ? Et bien figurez vous que ces gars là viennent de Glasgow, et oui, les lochs, les grands châteaux sombres et froids tombant en ruine, tout ça, c'est chez eux. Et Glasgow est bien présent tout au long des 10 titres qui composent ce premier effort. Dans l'ambiance d'abord, mais aussi de part l'accent écossais à couper au couteau de James Allan, le chanteur du groupe.

Formés en 2003, assez vite les Glasvegas sont repérés par un des types les influents dans le milieu rock anglais : Alan Mc Gee en personne. Mc Gee, faut-il le rappeler étant déjà celui qui a découvert, managé et permis la signature de quelques uns des groupes les plus mythiques des années 80 à aujourd'hui tels que : My Bloody Valentine, The Jesus & Mary Chain, Primal Scream, Teenage FanClub, Ride, Oasis, The Libertines, The Kills, The Charlatans ou encore Mogwaï.

Évidemment le groupe commence à se tailler un petit nom dans l'underground britannique, mais c'est bel et bien en 2008 avec ce premier album à la pochette somptueuse que le groupe va connaître le succès.

L'album démarre tout doucement avec "Flowers and Football Tops", telle la pluie fine tombant sur Glasgow, on se laisse envahir par cette intro vaporeuse qui laissera bientôt apparaître la voix si particulière de James Allan.

Le deuxième titre est un des singles du groupe, "Geraldine", et le moins qu'on puisse dire est que c'est véritablement un tube en puissance. Une basse qui claque et qui accroche direct l'oreille, des guitares d'abord discrètes puis qui savent bien exploser sur les refrains et une batterie qui accompagne le tout parfaitement. Clairement, Glasvegas ne va rien révolutionner, mais dès ce deuxième titre, on se dit que le groupe a au moins la faculté de savoir écrire une chanson et mieux que ça, de savoir écrire un titre de la tremps d'un single digne de ce nom (ce qui n'est pas nécessairement le cas de tout ces groupes estampillé "next big thing" par le NME toutes les semaines).

Le troisième morceau s'enchaine parfaitement avec "Geraldine", d'ailleurs c'est assez symbolique de ce magnifique album, tout s'enchaine tellement bien, comme pour former un bloc. On sent que les Glasvegas l'ont réfléchi, et surtout, l'ont bossé ce disque !

On change de rythme entre un "Lonesome Man" très cool et un "Go Square Go" plutôt entrainant, mais la patte reste là, les guitares noyées dans la reverb, la section rythmique claquante, et cette voix qui roule les r à l'écossaise par dessus qui vient appuyer la mélodie pour rendre tout cela franchement délicieux.

Un peu plus loin dans le disque on retrouve un autre single : "Daddy's gone", autre gros titre de ce disque, une vraie réussite, et comme sur le morceau suivant, l'accent écossais (oui toujours) nous fait tellement voyager ! On ferme les yeux et on y est presque, pour cela Glasvegas est très fort, pour nous donner des émotions agréables, et finalement un peu de chaleur à l'écoute de ce disque, tout en nous inspirant des paysages brumeux d'Ecosse avec leur musique froide.

"Stabbed", un de mes titres préférés de ce disque. Une idée, une idée brillante, oui vraiment. Pièce sombre, immense, et vide, dedans, un piano, juste un piano. Quelques notes sonnnent et résonnent dans la pièce, c'est la sonate au clair de lune de Beethoven. On en pleurerait presque, tellement c'est sublime et mélancaolique. James Allan récite des paroles là dessus. "You don't wanna stab me..." somptueux...

Après ce grand moment d'émotion à couper le souffle le disque reprend un peu de rythme avec "S.A.D Light" avant de se cloturer avec "Ice Cream Van", crémeux, effectivement, et vaporeux...


Au final Glasvegas nous claque là un premier album étonnant de maturité et constitué d'excellents morceaux de bout en bout, que ce soit les singles mais aussi les titres autour et même cette sonate au clair de lune revisitée. Un grand coup de chapeau à ces écossais, dont on a, à mon avis, pas fini de parler.


Geraldine - http://www.youtube.com/watch?v=6EAGvM-WVu8
Daddy's Gone - http://www.youtube.com/watch?v=6vpkq4vl1vk
Stabbed - http://www.youtube.com/watch?v=sAZ5IvfrXnw


http://www.myspace.com/glasvegas
http://www.glasvegas.net/
Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de disques
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Jeudi 11 décembre 2008


Punish Yourself s'est imposé en quelques années et une poignée d'albums comme un des groupes (sinon le groupe) le plus intéressant de l'hexagone. Usinant une musique industrielle flirtant avec le punk, le metal et les musiques électronique. C'est aussi en live que le groupe s'est taillé une réputation de tueurs, écumant leurs riffs sur toutes les scènes de France et se faisant connaître pour leurs prestations venues d'ailleurs ressemblant finalement plus à une performance artistique complète qu'à un concert normal. Récemment le groupe avait pris un grand tournant avec la sortie de son dernier opus "Cult Movie", disque quasi-instrumental faisant office de Bande Originale imaginaire.

Le groupe a annoncé récemment la sortie d'un nouvel album "Pink Panther Party" à paraître en 2009, l'occasion de les interroger sur ce nouveau disque au nom si mystérieux...




1) Salut Vx, Punish Yourself n'a cessé d'évoluer au fil des albums, un grand tournant a été pris avec Cult Movie, sorte de BO d'un film imaginaire. Que peut on attendre de ce nouvel album, Pink Panther Party en termes d'ambiance et de sonorités ? Et surtout quand sortira ce nouvel opus ?

La sortie est prévue en Mars (2009 !) chez Seasons  Of Mist. Et c'est un album qui risque de surprendre pas mal de gens, enfin j'espère. Après Cult Movie on aurait pu continuer dans le "sophistiqué", avec arrangements chiadés, ambiances cinématographiques, à vrai dire on adore ça... Mais au final on avait envie de revenir à quelque chose de totalement brut, hyper minimaliste, froid, violent. Un son sale, analogique, sans fioritures, des morceaux qui  rappent à la tête et dans le bide ! Ceci étant on n'a pas zappé complètement les ambiances, au contraire, on s'est  réservé quelques paysages sonores entre les morceaux, ou à l'intérieur, mais en essayant de garder une cohérence avec le reste. On veut que de cet album se dégage une impression de désolation, le sentiment que de toute façon rien n'a de sens. Ce qui risque de surprendre le plus sur ce disque, c'est l'utilisation de la voix humaine - spoken words, transmissions radio, choeurs, elle est omniprésente.



2) Qui produira ce nouvel album et comme se passe / s'est passé l'enregistrement ?


C'est moi qui produit l'album, comme tous ceux qu'on a enregistré jusqu'ici, je suis très control-freak... L'enregistrement s'est fait à notre local de répet, avec quelques micros, en privilégiant l'énergie sur la qualité sonore. On n'a pas enregistré les voix avec un casque sur la tête mais le micro à la main, comme en live... Une fois les éléments dans la boite, tout se fait avec mon bon vieux pécé, mixage, mastering, tout. On a un budget studio quasiment inexistant...



3) Peut-on envisager un jour de voir Cult Movie joué live dans son intégralité ? J'ai lu que Mike Patton adorerait jouer "Delirium Cordia" de Fantômas dans son intégralité, dans un vieil opéra parisien, c'est un délire qui vous tenterait ?


Très honnêtement, ça nous tenterait sur le principe, mais c'est impossible à réaliser. Une bonne partie des morceaux de Cult Movie sont vraiment des "expériences de laboratoire" qu'on ne saurait pas reproduire dans la réalité, et qui n'y gagneraient pas, de toute façon. Ou alors en travaillant sur les versions live pendant trois ans de répet avant de jouer... Et on n'a pas le temps. Il faudra se contenter des deux morceaux qu'on joue en live ! Et puis à vrai dire, pour nous Cult Movie c'est déjà du passé, le jouer en intégralité serait regarder en arrière et pas devant.



4) Je vous ai vus un paquet de fois, dont la dernière fois que vous êtes passés à  Dour où vous avez donné un concert exceptionnel avec des danseurs, des dessinateurs etc.. Mais même lorsque ce n'est pas un concert exceptionnel comme pour Dour, vous soignez toujours énormément l'aspect show de vos prestations. Est ce que vos idées de visuels vous viennent dès l'écriture des morceaux ou est ce que quelqu'un dans le groupe est chargée de s'occuper de ça ?

Ni l'un ni l'autre... Quand on bosse en studio - que ce soit pour écrire ou répéter - on ne se préoccupe absolument pas du visuel de concert. C'est comme si ça n'existait pas ! Ensuite on prépare plus spécifiquement la partie visuelle pour le live, mais tout le monde apporte ses idées, avec notre ingénieur lumière pour décider de ce qui est bon ou non à son niveau... Ceci dit ça reste très "impréparé", à part la partie danse, et ça c'est Klodia qui amène ses propres chorés. En général chacun vient avec ses fringues ou ses accessoires sans trop savoir ce qu'il va en
faire, et on  ne réfléchit pas beaucoup sur ce qu'il faut faire ou non. On n'est pas à Broadway, c'est pas un spectacle storyboardé...



5) Je m'interroge sur vos side-projects, Ils sont relativement assez éloignés les uns des autres du point de vue de la musique, et pourtant on y retrouve certains éléments, comme le chiffre 69 par exemple, qui fait qu'on est jamais, finalement, très loin de Punish.

Pour le chiffre 69, c'est un peu le hasard ! J'avoue avoir une fascination totalement irrationnelle pour ce chiffre et cette année, ça m'avait poussé à l'utiliser dans le nom de mon projet ambient essentiellement parce que ça sonnait bien. Pour "1969 Was Fine", on n'avait pas de nom alors qu'on avait un concert prévu, il en fallait un, je ne sais plus pourquoi j'ai pensé à cette phrase tirée des paroles de Spahn Dirge de Skinny Puppy, mais tout le monde a trouvé que ça collait... C'est ensuite qu'on s'est aperçu de la "convergence" des deux noms.



6) Est ce que vous considérez donc ces projets comme des simples récréations, comme des espaces où vous expérimentez des idées pour PY ou vraiment comme des projets n'ayant rien à  voir avec PY ?


Il y a un peu de tout ça à la fois ! 1969 Was Fine nous a servi plusieurs fois de laboratoire pour Punish- des morceaux comme Dead-White Skin ou Dexedrine Ritual étaient joués en concert avec 1969 Was Fine avant de devenir des morceaux de Punish. Mais finalement, les deux projets sont plutôt des exutoires à nos pulsions soit "rock'n'roll" soit "ambiantes", dont on ne veut plus qu'elles interfèrent trop dans Punish comme ça a pu être le cas à l'époque de Gore Baby Gore. De plus en plus, les trois projets ont leur propre identité, même si fondamentalement, les musiciens étant les même, on retrouve des choses... Mais par exemple il n'y a pratiquement plus aucune machine dans 1969 Was Fine, et il n'y aura plus de saxo dans Punish - en studio en tout cas. Pour bien marquer les différences. Et non, ce ne sont pas de simples récréations, on fait passer autant de nous même dans ces projets ! C'est juste autre chose, une autre facette.



Question Bonus : A l'heure où le monde scande le formidable pas franchi par l'élection du premier président noir aux Etats-Unis, est ce que la véritable avancée ne serait pas en fait l'élection du premier président fluo en France ?

Ce serait au contraire extrêmement inquiétant pour la santé mentale de notre pauvre nation. I don't wanna be elected !




Site : http://punishyourself.free.fr/
Myspace : http://www.myspace.com/punishyourself





Par Puissance 4 - Publié dans : Interviews
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Lundi 24 novembre 2008



Je ne savais pas bien à quoi m'attendre en insérant cet EP de Bellegarde dans ma platine, ayant jusqu'ici simplement entendu des titres sur Myspace. Et ceux qui me connaissent savent combien, sans pour autant détester Myspace qui est un outil formidable, j''emets des réserves sur tout contenu audio qui s'y trouve, tant la compression dénature le boulot des musiciens qui s'y exposent.


Le premier titre est assez surprenant, avec un côté léger mais assez jazzy, et puis en français. Bon, je dois avouer que la langue française est plutôt un truc qui me rebutte dans le rock, mis à part de rares exceptions (quelques groupes punk et les Young Gods, quand ils chantent en français). Mais ici, la mélodie prend vraiment le dessus sur le texte, alors ça ne me dérange pas trop. Ce morceau est assez révélateur de l'esprit qui règne un peu sur cet EP : la diversité. Je m'explique : dans une structure complètement conventionnelle, Bellegarde laisse échapper un grain de folie qui donne toute sa saveur à ce Reptil, qui nous laisse assez curieux sur la suite des évènements.


I can't breathe, est ensuite dans un registre très diférent. La section rythmique lance un riff entêtant pendant qu'une guitare vient saupoudrer quelques notes là dessus pour accompagner la voix, qui fait presque tout le boulot de la mélodie ici. On est vraiment dans un autre univers, sans doute plus proche du post-punk (on pense à Gang of Four sans être non plus dans l'héritage évident, et c'est très bien comme ça), le morceau s'emballe petit à petit avec l'apparition de choeurs et un son de guitare plus soutenu. Le final sonne même presque comme une libération pour les guitaristes qui semblent enfin montrer à jour une puissance qu'ils étouffaient jusque là (en même temps c'est dans l'esprit du titre), et on se dit qu'en live ça doit être quelque chose.


Nouveau morceau, nouvel état d'esprit, ce qui me saute aux oreilles ici, c'est que les gens de Bellegarde doivent sûrement écouter Sonic Youth. J'en veux pour preuve ce riff principal très teinté de l'esprit des New Yorkais, et puis cette voix presque parlée, comparable à certaines lignes de "chant" d'un certain Thurston Moore. Moins noisy que les titres de nos amis yankees, le morceau dispose pourtant de son envolée sonique. Ce Celebration Time est probablement mon titre préféré de l'EP.


Telefon, le morceau titre de l'EP est lui aussi doté d'une ambiance particulière, presque spaciale. Ce clavier fait un petit peu penser à certains (bons) titres des Dandy Warhols. C'est vraiment très bon. On se demande souvent comment le morceau va tourner, tant le groupe semble plein de surprises, et pourtant à chaque changement de rythme, le tissage semble tellement évident, symptomatique d'un groupe bien en place qui a des idées, mais qui sait aussi les mettre en forme.


Frank's Morning revient clairement dans les influences Sonic Youthesques du groupe. Excellent final pour cet EP (pourquoi les EP sont-ils si courts ?), ce titre sonne comme le générique d'une de ces sagas dont l'épisode 2 (ben oui c'est l'EP II) se termine par un dernier rembondissement qui nous donne envie de connaître la suite TOUTDESUITEMAINTENANT...


La production, comme sur le reste de l'EP y est soignée, avec des couches de guitare acoustiques en dessous des électriques pour donner de la rondeur, et puis un son de basse qui rebondit sur la batterie discrète mais efficace du groupe. C'est vraiment du bon boulot. Simplicité, Efficacité, pas de chichi, exactement ce qu'il faut quand il le faut.


Au final ce Telefon EP II est un disque extrèmement varié (on passe quand même du titre jazzy à l'hymne sonic youthesque), on y reconnait un certain nombre d'influences claires du groupe, toutefois Bellegarde ne copie pas ces groupes. Malgré les ambiances différentes de chaque morceau, le groupe possède sa propre griffe et sa propre conception de la musique. C'est sans doute ce qui fait la différence entre un bon et un mauvais groupe aux influences flagrantes, il y a ceux qui ne sont rien de plus qu'un (énième) rip-off, et puis les autres, comme Bellegarde, qui savent digérer leurs disques préférés pour en sortir quelque chose de personnel.




Ecouter Bellegarde : http://www.myspace.com/bellegardemusic 

Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de disques
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Lundi 24 novembre 2008



Ce samedi était synonyme de rendez-vous avec un des groupes les plus talentueux de la décennie (on peut le dire maintenant qu'elle est bien entamée), un projet mélangeant folk, rock et musiques traditionnelles voire religieuses. Né sur les cendres du légendaire combo 16Horsepower, non moins sombre et mystique, Woven Hand est l'initiative d'un seul homme : David Eugene Edwards, petit-fils de pasteur (ça a son importance) et poète habité. Le concert s'inscrivait dans le cadre d'un festival d'art, et avait lieu au Schouwburg, un lieu véritablement magnifique :






Alors que la salle se remplit peu à peu, les lumières s'éteignent et la silhouette d'Edwards se profile, suivi par son batteur. Il nous gratifieront d'une petite introduction (Kingdom of Ice) avant d'être rejoints par un bassiste et un guitariste.


Comme à l'accoutumée David Eugene Edwards est assis pendant qu'il joue, et chante dans deux micros : l'un à l'aspect rétro qui donne un son proche d'un combiné de téléphone, et l'autre tout à fait normal.


Le groupe enchaine alors les compositions du nouvel opus, Ten Stones. Définitivement plus rock que ne l'était Mosaic (ce merveilleux album sorti il y a quelques années maintenant).  Le son est très bon, il claque dans les moindres recoins du Schouwburg, et l'on entend aussi tout ce qui se passe sur scène, ce qui donne un côté très intime à la prestation.


Edwards se lance dans des incantations entre chaque morceau, c'est somptueux et hallucinant. On en vient à se poser une question : comment un type qui joue assis pendant deux heures peut-il arriver à nous captiver autant ?


Une partie de la réponse est simple : sa voix est un vrai prodige de la nature. Puissante, toujours juste, il sait l'utiliser juste comme il le faut et surtout quand il le faut. Et puis ce bonhomme là, avec son bandeau sur la tête (rappelons qu'il a du sang indien) est tout de même hors du commun. Ceux qui suivent l'histoire de Woven Hand et 16 Horsepower, savent déjà qu'il est très croyant (bien qu'il ne se place pas en porte parole de quelque Eglise que ce soit), ce que les gens savent peut-être moins c'est qu'il est littéralement possédé sur scène.


Il lance donc des sortes d'incantations entre les morceaux, a parfois les yeux révulsés, ou son bras se met à trembler quand il ne se lève pas au ciel pour interpeler le divin, il arrive même qu'Edwards bénisse ses pédales d'effet avant de le régler comme je l'ai vu faire ce soir là...


Mais il n'y a pas de folklore a proprement dit dans Woven Hand et dans David Eugene Edwards, parce que ce type ne calcule pas, il entre dans une sorte de transe mystique proche de l'autisme. Ses musiciens n'existent pas, et pourtant ils sont aux petits soins pour le génie de la bande, gueulant dès qu'ils constatent qu'il entend mal dans ses retours, se jetant sur sa guitare pour lui changer eux même une corde qu'il a cassé...


Et pourtant ils ne sont pas là quand David Eugene Edwards ferme les yeux, et d'abord, nous ne sommes pas là non plus. Ce type est vraiment seul sur scène lorsque il joue de ses multiples instruments qui ressemblent à des pièces de musées car ils sont d'époque. Edwards parle sans doute avec Dieu, joue avec ses tripes, mais il lutte aussi contre les démons. Il arrive qu'il se frappe les cuisses et les genoux à coups de poings, mais s'en rend-il seulement compte ? On peut en douter.


Le concert revient ensuite sur des titres plus anciens de Woven Hand, comme ce sublime Winter Shaker, où Edwards scande "Hallelujah" de sa voix hors norme. Et où tout le public murmure ce mot sans trop oser user de la voix pour ne pas couvrir la sienne. Peu importe son âge, son sexe, sa religion, le spectateur essaie de toucher du doigt ce que ressent Edwards, sans toutefois pouvoir l'effleurer.


Après un salut, le groupe se retire, avant de revenir sur scène pour un rappel où ils nous gratifieront d'une reprise de 16 Horsepower somptueuse : American Wheeze (voir lecteur à gauche). Dès les premières notes le public hurle de joie, on sait pourquoi...


Presque deux heures de prestation, on n'a pas vu le temps passer, le groupe salue quelques minutes sur scène, tout le monde est debout dans la salle, Edwards lève les yeux et les bras au ciel, puis nous remercie, presque gêné... ce type là a vraiment quelque chose.


Et j'aurais aimé finir cet article sur une conclusion, ou sur une fin décente, mais après tout c'est un peu ce que nous avons vécu lors de cette soirée. Le groupe nous a coupé le souffle pendant près de deux heures, puis s'est arrêté d'un coup, et la bulle Woven Hand fut percée...



Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de concerts
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Mardi 18 novembre 2008


Forts d'un premier album unanimement salué par la critique, nos adorateurs préférés du Velvet Underground (puisant leur nom dans le célèbre titre "The Black Angel's Death Song" et allant même jusqu'à utiliser un portrait de Nico en guise de logo) revenaient cette année pour un second opus fort attendu.

On avait laissé un groupe qui avait su nous claquer des tubes psychédéliques, oui psychédéliques, mais acidulés, oui acidulés, et dans "acidulés" il y a "acide". L'impression d'écouter des disques sous LSD dans la fin des 60's, bien que le cd tourne dans la chaîne dernière génération, bien qu'on écoute ça dans le métro sur son iPod, les Black Angels, et leur "Passover" c'étaient un peu la Dolorean du rock, celle qui nous faisait faire un retour vers le futur du rock, à l'âge d'or de ses penchants les plus psychédéliques.

Religieusement on commence donc à écouter ce "Directions to see a ghost", dont le nom bien mystérieux nous évoque déjà les grands espaces américains où le groupe semble avoir martelé ses riffs sous un chaleur écrasante.

Les guitares sont bien présentes, peut-être encore plus que dans Passover. Elles sont véritablement noyées dans une véritable piscine de reverb et de delay... bordel, dès les premières notes on sent déjà qu'ils n'ont pas perdu le "truc"

La voix débarque, comme un accompagnement, comme un instrument, comme le bruit du vent sur ces grandes routes américaines désertes, qui vient ricocher sur le pare-brise d'une vieille Plymouth.

Un tambourin vient remuer un peu la sauce avant que d'autres pistes de guitares ne se chargent de foutre la dose pour amorcer le trip.

C'est de plus en plus dur de se retenir de bouger la tête. Cette fois ça y est, dès le premier morceau les Black Angels sont venus nous chercher... bordel quel groupe...

"Doves" nous met cette fois en avant une batterie obsédante qui ne nous lachera plus durant les 4 minutes 28 de ce titre. Tout se met véritablement en place après la claque "You on the run" qui faisait effet d'annonce.

On retrouve les mêmes ingrédients dans "Science Killer", rythme simple mais efficace, guitares psychédélique, basse qui vient nous baver sur les tympans, et puis cette voix noyée, toujours, quoi fait partie intégrante de la musique. Ici la montée est plus lente, plus subtile, les anges noirs n'envoient pas la purée direct. Ils se font désirer, comme dans un trip de junkie où l'on attend ce moment où l'on bascule. Une nappe de clavier vient enrober le tout et les effets sur la voix (reverse delay) sont une riche idée.

"Mission District" va renforcer cette impression de basculement avec un morceau finalement très progressif, et "18 years" lui, nous fera pénétrer de pleins pieds dans les divagations du groupe qui semble ne jamais avoir été si dispersé et cohérent à la fois, tant les pistes de guitares partent dans tous les sens et tant cela sonne diablement bien.

Le Tampura et la Sitar de "Deer-Ree-Shee" nous ramènent directement dans les 60's, on peut presque imaginer le groupe dans un décor bariolé très psychédélique en écoutant ça. Evidemment les guitares sont toujours assez aiguisées et la voix continue de jouer le rôle qu'on lui connait, quelques pistes de grattes sont même noisys. Mais on est plus que jamais dans le voyage ici. Superbe, un des meilleurs moments de l'album.

Dans le même esprit "Never/Ever" reste trippant à mort et même encore plus vaporeux que le morceau précédent. La batterie ne fait que ponctuer le tout, jusqu'à ce que tout s'emballe dans un élan bruitiste avant de retomber sur un rythme rock classique ultra-carré, et une fois encore les black angels font rugir leurs guitares tout autour d'une section rythmique obsédante.

"Vikings" morceau plus épique qui fait redescendre le disque de quelques degrés à travers un morceau plus trippant et lent.

Mais le retour de flamme sera terrible dès les premières secondes de "You in Color" et ses feedbacks en guise d'intro. Très vite la batterie arrive et le disque reprend son rythme de croisière après cette excursion au fil de l'eau sur un drakkar... Entre passage entrainants où l'on ne peut s'empêcher de remuer la tête d'avant en arrière et expérimentations bruitistes.

"The Return" prend ici un double sens dans le disque, un retour, gagnant des Black Angels avec cet album époustouflant. Mais aussi un retour aux sources puisque ce morceau est fortement teinté d'une patte "Brian Jonestown Massacresque", groupe avec lequel, ils ont plus que des points communs...

Enfin "Snake in the grass" cloture l'album de la plus belle façon qui soit : par une véritable pièce d'un quart d'heure, sorte de synthèse de tout ce que les Black Angels ont réalisé sur ce disque. La montée est progressive, mais intense et l'on attend ça avec une telle impatience... Et quand ça explose enfin... waouh... on en reste bouche bée tant la puissance dégagée par le groupe nous scotche.



Pour conclure, si Passover était un concentré de tubes, Directions to see a ghost donne plutôt l'impression d'un groupe enfermé dans une pièce sous la canicule des grands déserts américains, et qui expérimente avec un seau de drogues sous la main... Les morceaux se ressemblent, mais ils s'assemblent surtout merveilleusement bien pour former l'itinéraire parfait vers les fantômes dont le groupe parle, qu'on imagine aisément être tous ces groupes cultes qu'ils ont adulés tout au long de leur existence, et tout ces vinyles usés par tant d'écoute. C'est un disque qui fait bloc, un disque que l'on reçoit comme un coup de poing dans la gueule, un disque qui nous terrasse comme une ligne de coke un peu trop épaisse, comme une bouteille de whisky vidée d'un trait... trop vite, un disque qui vous fait voyager. Bref, un disque essentiel.



Quelques Titres :

You on the Run - http://www.youtube.com/watch?v=kcPVLwS8tr0
Doves - http://www.youtube.com/watch?v=8sDLVlx5axM
Science Killer - http://www.youtube.com/watch?v=jdozv0z6QtE
Mission District - http://www.youtube.com/watch?v=2I1V8C0QMhM
Deer-Ree-Shee - http://www.youtube.com/watch?v=yVZy0cdOrX4
Never/Ever - http://www.youtube.com/watch?v=k-O8Y9qZv8I
Vikings - http://www.youtube.com/watch?v=Ve7MBAaDatw
You in Color - http://www.youtube.com/watch?v=LxTrYb2Po-E
The Return - http://www.youtube.com/watch?v=nMCFnRwnE60
Snake in the grass (extrait) - http://www.youtube.com/watch?v=pn9tXlivSH4



Les Black Angels par chez nous !!!

04 December 2008 - Le Cabaret Aleatoire - Marseille, France
05 December 2008 - Espace Tatry - Bordeaux, France
06 December 2008 - Festival Les Transmusicales - Rennes, France
07 December 2008 - Le Grand Mix - Tourcoing, France
08 December 2008 - Élysée Montmartre - Paris, France
14 December 2008 - Botanique - Brussels, Belgium
Par Puissance 4 - Publié dans : Chroniques de disques
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