Sylvia Hanschneckenbühl - Does Not Sing Christmas

Publié le par Puissance 4



Il y a des disques comme ça, dont l'artwork donne déjà une idée de l'ambiance générale du contenu. Cet album en fait, en quelque sorte, partie. Lorsqu'on l'a entre les mains, on a tout d'abord les yeux accrochés par cette pochette, claquante de rose, rouge etc... pas les tons les plus déprimants qui soient donc, mais qui contrastent bien avec le titre du disque "Does not sing Christmas".

On retourne l'album et cette fois on a droit à une photo noir et blanc, classique (et dans classique il y a classe, car le N&B l'est évidemment), de Sylvia assise sur ce qui semble être une remorque de camion. Très sobre donc mais là l'effet est inverse, un petit écriteau "convoi exceptionnel" collé sur la remorque donne à nouveau un côté décalé qui nous fait largement sourire.

En fait Sylvia Hanschneckenbühl aime brouiller les pistes. Et quand j'ai reçu le disque un beau matin (non, c'est vrai il faisait un temps de merde), je l'ai tout de suite mis dans ma platine, et moi aussi je me suis laissé avoir. De jolies mélodies, un sens de la composition simple, presque de la comptine parfois, la première fois on remarque surtout ça.

Sauf qu'en enchainant les écoutes, on se rend vite compte que chaque titre est une sorte d'image d'Epinal. Dire des choses qui font mal, des choses dures, des choses de la vie au fond... sur des mélodies qui n'ont rien de torturé... ça n'est pas donné à tout le monde, avouons le.

Welcome to a New Town remplit parfaitement son rôle d'introduction à l'album. S'en suit probablement une des meilleures chansons de l'album : 17.30 Underground. Ce qui impressionne surtout dans ce titre, c'est la capacité de Sylvia à occuper l'espace sonore, en quelques sortes. Elle n'envoie pas la purée contrairement à beaucoup de groupes. C'est un peu comme si elle jouait avec le silence parfois, c'est assez difficile à expliquer, mais on a vraiment ce sentiment. Et on retrouve aussi un effet typiquement "Sylvien" dans la voix, ceux qui étaient déjà passé par le myspace pour écouter les chansons, reprises et diverses autres friandises sauront de quoi je parle.

Iris possède ensuite une ambiance légèrement plus froide avec cette basse mise en avant et une batterie quelque peu mécanique, on apprécie vraiment ce changement d'ambiance, d'autant que la superbe voix de Sylvia vient complètement nous bercer sur les chorus et ajoute une note mélodique incontestablement judicieuse.

Orange Juice nous fait quitter ce passage plus froid pour, au contraire, une interlude plus joyeuse dans son ambiance.

On attaque ensuite un gros morceau de l'album : Nicely Stupid. Peut-être bien ma préférée, et là on est complètement dans ce que je disais au début de cette chronique, à savoir, une mélodie que Sylvia nous écrit sur la gueule à l'encre indélébile, un truc obsédant, simple, mais pas chargé de rage ni torturé. Par contre le texte lui l'est, ou semble l'être, rempli de colère, et Sylvia nous chante ses mots avec une certitude et une simplicité juste déconcertante. C'est superbe. Dors et déjà un de mes morceaux à venir de l'été, notamment à cause également de certaines parties de guitares qui viennent renforcer la mélodie de quelques notes saupoudrées  ici et là.

Love Song redescend d'un cran niveau tempo, c'est ici, plus que jamais la voix de Sylvia qui tient le morceau par les couilles si j'ose dire. La musique semble presque être construite autour de la ligne de chant. Le final, par contre prend plus de liberté et même un certain envol, pour nous rappeler que si Sylvia sait écrire des chanson, ça reste toujours bel et bien un disque de rock (album, qui doit d'ailleurs prendre un aspect complètement différent en live).

On entre ensuite dans ce qui aurait pu être une chanson piège, vous savez, ces ballades lourdingues et dégueulasses, prenez quelques albums d'Harvey Milk, je les adore et ils sont très bons quand ils font dans l'énergie, mais ce sont les champions de la ballade de camionneur mielleuse... Ici Sylvia ne tombe pas dans le panneau, la montée est progressive et elle joue avec ses voix au lieu de nous sortir des solos larmoyants ou autre. Belle preuve d'intelligence et de maturité.

Nationale 3 remet l'album sur des rails plus énergiques, on pense pas mal aux Breeders, qu'on sait être une influence majeure de Sylvia, les années 90 sont bel et bien là. Et ça fait plaisir, ça rappelle plein de chansons qu'on aimait écouter, et que d'un coup on a envie de ressortir, ces disques qui prennent parfois trop la poussière. Et le final avec ce "Nobody cares" est simple mais diablement effectivement.

Comme pour Salt & Wine, c'est ici aussi (Untitled) la voix de Sylvia qui fait une grosse partie du boulot, dans ce morceau minimaliste, gros côté mélancolique ici. On est passé du rock 90's au son chaud sentant les US à plein nez à une ambiance d'automne plus froide. Plus loin dans l'album, Ending Music sera aussi dans le même esprit.

Memory est lui aussi très Breeders, le début est assez classique, en revanche la deuxième moitié et le final du titre le subliment complètement.

 Enfin The Old Drunk Song vient conclure l'album de fort belle manière. Et je ne sais pas pourquoi ça me fait un peu penser à du  Mark Lanegan sans être forcément proche (et puis bon, Sylvia, n'a pas vraiment la même voix...) vous savez, ce genre de titre dont on sent qu'il a été écrit après une soirée (de trop ?), qui sent la bouteille (aux deux sens du terme).



Au final un premier album très réussi pour Sylvia, un bon paquet de compositions excellentes, 17.30 Undeground, Nicely Stupid, Nationale 3 et The Old Drunk Song sortent réellement du lot pour ma part mais je suis certains que les autres titres plairont à d'autres personnes qui chercheront (et toruveront) autre chose dans cet album, car il n'y a véritablement rien à jeter sur cette galette.

Si Sylvia sait incontestablement composer une chanson, ce disque n'est pas pour autant un disque pop ou de ballade, c'est bel et bien un disque rock. Certes pas sauvage dans ses chansons, mais les textes parfois durs, souvent justes, chantés comme Sylvia le fait, assurent son lot de rock 'n roll à un album haut en couleurs et en ambiances.

Maintenant que faire ? Attendre de pouvoir entendre tout ces bons morceaux en live un jour, et puis évidemment, attendre une suite à ce premier chapitre déjà très prometteur.


En attendant voici le myspace de Sylvia pour suivre son actu et bien sûr, en parler autour de vous :

http://www.myspace.com/Hanschneckenbuhl
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Publié dans Chroniques de disques

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S
Salut !<br /> <br /> Bien belle chronique descriptive sur un album qui ne me laisse pas indifférent moi non plus. J'ai écrit quelque chose là-dessus. ce n'est pas une chronique de disque, mais quelque chose du coup d'assez complémentaire avec ce que tu viens d'écrire.<br /> <br /> A bientôt ?<br /> <br /> Sylvain<br /> Journaliste <br /> http://parlhot.over-blog.com
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