Thématique : Musique Planante

Publié le par Puissance 4

Parfois, il est bon de s'allonger dans son petit chez soi, et de s'écouter de la musique planante, relaxante.

Je vous propose aujourd'hui une petite sélection de mes disques préférés pour ce genre d'occases



Eluvium - Talk Amongst The Trees

Alors ça mes amis, c'est une véritable couette musicale ambulante... Un son épais et cotonneux qui vous enveloppe pour vous emmener au pays des rêves, je le pratique fréquemment. Y a tout ce que j'aime dans un disque planant. De la musique ambient, mais super lumineuse




Lustmord - Heresy

Là c'est du gros dossier aussi... c'est mon disque préféré pour m'endormir. Alors Lustmord si vous connaissez pas c'est juste le pape de la Dark Ambient. Ce mec a une faculté à créer des ambiances sonores tout bonnement hallucinante. Pour le profane on a l'impression que sa musique est faite de rien, et pourtant elle est incroyablement travaillée. La preuve, mettez le disques, allongez vous et fermez  les yeux... je vous garantie que vous aurez des images dans la tête et que vous allez voyager !




John Zorn - Filmworks XIII : Invitation to a suicide

John Zorn est un des poids lourds de la musique contemporaine, jazz et avant-garde. Difficilement accepté aux débuts de sa carrière, il en était réduit à organiser des concerts dans son appartement à New York !! Aujourd'hui référence incontestée de la musique du XXè sciècle, patron de label (Tzadik) et propriétaire d'un club de renommée mondiale (The Stone à New York), on dénombre plus de 350 albums à son actif. Et l'on peut dire que John Zorn ne passe pas sa vie à se répéter, aussi à l'aise dans le jazz plus ou moins conventionnel (Havas, Masada...) que dans l'avant-garde (Kristallnacht, Moonchild, Naked City). Zorn est aussi un fervent créateur de mélodies, la preuve avec ses "Filmworks", série d'albums sensés être composés pour des films. Ce volume XIII est particulièrement énorme, avec un thème pas si triste que ça malgré son titre "Invitation to a suicide"




John Zorn - Filmworks XIV : Hiding and Seeking

Le volume suivant, légèrement en dessous du volume XIII, mais on y retrouve le même procédé et surtout le côté très organique (orgasmique ?) de l'instrumentalisation. Un superbe disque où l'on retrouve d'ailleurs des invités de choix comme le bassiste Trevor Dunn (Mr Bungle, Fantômas, Moonchild,Trevor Dunn's Trio Convulsant...) ou encore un vieux compère de Zorn : l'immense guitariste Marc Ribot




Tin Hat Trio - Memory is an elephant

Ce sont eux-aussi des amis de John Zorn justement. Ils définissent leur musique comme une "musique acoustique de chambre", ce qui les qualifie assez bien. On y retrouve la douceur et le volupté des cordes chez ce trio qui n'en n'est pas un.




Brian Eno - Ambient 1 : Music for airports

Est-il vraiment nécessaire de rappeler que Brian Eno est probablement un des musiciens les plus géniaux de ces dernières décennies ? On connait sa passion pour les musiques planantes et pour les "Buddha Machine", cet album ne fait pas exception. Une belle démonstration de la part du maestro.




Mono - You are there

Le post-rock est un truc très à la mode depuis la brillante percée de Sigur Ros (que j'aurais pu ajouter à cette liste mais c'était un peu trop prévisible). Cependant, les japonais de Mono méritent amplement le buzz qui les pousse depuis maintenant quelques années. Alors "you are there" c'est un album juste parfait, enregistré par un des meilleurs ingénieurs son de la planète : Steve Albini (on lui doit notamment des albums de Nirvana, Pixies, Pj Harvey, The Ex ou encore Neurosis). Intensément chargé en émotion, l'album oscille entre mélodies intimistes et montées aussi grandiloquantes que vertigineuses... Et puis cette cloture d'album sur "Moonchild"... probablement un des morceaux les plus immenses de ces 10 dernières années... pour tout vous dire quand je les ai vus pour la première fois en 2006 et qu'ils ont joué ce titre, j'ai faillit chialer tellement c'était intense... et oui, même un dur comme moi !




Earth - The Bees Made Honey in the Lion's Skull

Earth est un groupe qui n'aura hélas jamais la reconnaissance qu'il mérite car il est plus connu pour des faits extérieurs à la musique... En effet son créateur, Dylan Carlson, n'est autre que le meilleur ami et pote de défonce d'un certain Kurt Cobain, c'est d'ailleurs lui qui a acheté le fusil qui a permis à Cobain de se suicider. Dans les années 80 Earth un groupe entre heavy et punk comme il y en a des centaines aux USA. Et puis Carlson se met à bosser dessus, et s'enferme en studio pendant plusieurs jours. Lorsqu'il en ressort, c'est pour exposer aux autres membres une musique incroyablement lente et trippante, bien loin du gros rock qui tâche qu'ils étaient habitués à jouer. Après de longues années d'absence (drogues, procès...) cet album est le deuxième depuis le "retour" de Earth sur la scène. Et le moins qu'on puisse dire c'est que c'est un come-back en grandes pompes avec un des disques les plus intenses et géniaux de sa discographie qui ne laisse toutefois pas de place pour un album inutile (à écouter absolument : Earth2, Thrones and dominions ou encore Pentastar in the style of demons)




Sunn O))) & Boris - Altar

Ceci est un album qui signe une collaboration entre deux des groupes les plus ingénieux actuels : Boris, des japonais qui aiment alterner mélodie, gros rock et expérimentations bestiales. Et Sunn O))), probablement un des projets les plus fous depuis 50 ans. Sunn O))) réunit deux hommes : Greg Anderson, et Stephen O'Malley, tout deux membres d'une ribambelle de groupes tous plus géniaux les uns que les autres, sunn o))) est un concept simple, Greg et Stephen appellent des potes à eux, ils font un véritable mur d'une vingtaine d'amplis de guitare et basse, et ils s'amusent aux expérimentations les plus primales et primaires possible,en n'oubliant pas d'enfiler des "Grimm Robes" sortes de tuniques de moine, pour donner une parfaite illusion de messe noire. Cet album reprend les recettes des deux groupes, mais pour la première fois, ajoute une bonne dose de simplicité et de mélodie. "Sinking Belle (blue sheep)" est particulièrement immense.




Ginnungagap - Remeindre

Un des autres projets de Stephen O'Malley (sunn o))) justement) qui consiste à produire de la "drone music" c'est à dire une musique planante quasi monochorde et chargée en émotion, à partir d'instruments traditionnels indiens. Le disque n'est malheureusement plus pressé il me semble, mais vous le trouverez facilement en mp3




Lovage - Music to make love to your old lady by

La pochette copie un album de Gainsbourg, ce qui est en soi une preuve de bon goût indéniable. Ce projet très orienté trip-hop a été créé à l'initiative de Dan the automator (RZA, Gorillaz, Peeping Tom), Portishead ou Massive Attack rode pas loin avec ce côté très sensuel en plus. On y retrouve notamment un des vocalistes les plus doués de sa génération : Mike Patton (Faith no more, Mr Bungle, Fantômas...), cela dit c'est sans doute le moins "planant" de cette sélection.




OM - Conference of the birds

Eux aussi étaient membre d'un groupe bien bourrin autrefois (sleep) et eux aussi se sont bien calmés depuis. Ce duo basse-batterie donne véritablement dans l'hypnotisme. Mais ce qui distingue le mieux ce groupe, c'est évidemment ce formidable jeu de basse d'Al Cisneros, polyvalent et intuitif à souhait, et surtout, un son extraordinaire et hors du commun. Comme quoi Lemmy Kilmister n'est pas le seul à savoir se servir d'une Rickenbaker !




Steve Reich - Four Organs / Phase Patterns

Steve Reich est un des géants des musiques contemporaines et minimalistes. Ecouter un Steve Reich c'est un peu comme lire un Molière, ou un Shakespeare au fond. C'est un classique incontournable dont le travail a eu des retombées énormes sur les successeurs. Il était un des précurseurs de l'utilisation de boucles notamment.




Christian Fennesz & Ryuichi Sakamoto - Cendre

Un des disques les plus récents de cette sélection, il réunit le suisse Christian Fennesz, connu pour ses projets electro-ambient, et Ryuichi Sakamoto au piano. Le disque est des plus reposants qui soit. L'alliance de ces deux artistes est une vraie bonne idée qui fait indéniablement passer un bon moment à l'auditeur.




Oren Ambarchi - Triste

Il y a des gens à la mode dans la musique, il y a pas si longtemps, il était inimaginable d'acheter un magazine musical et de ne pas voir le nom de "Justin Broadrick" un peu partout dans les sorties de disques, aussi bien en tant qu'instigateur d'un projet qu'en tant qu'invité... il y a eu l'époque "Mike Patton" (qui commence un peu à se calmer) et aussi l'ère "Dave Grohl"... on fera l'impasse sur Masami Akita (Merzbow) qui est sans cesse invité par tout le monde sur des disques depuis 10 ans. C'est aujourd'hui au tour d'Oren Ambarchi d'être invité un peu partout en studio. Autrement dit, si vous écoutez du Ambarchi, vous êtes quelqu'un de cool. Et cool, cet album l'est grandement avec ses couches de clavier ultra-planantes et ses guitares plutôt discrètes. Bien vu Oren !




Fuck Buttons - Street Horrrsing

Avec le coup de pouce du désormais culte, ATP Festival, ils se sont vite taillés une réputation de tueurs. Réputation amplement mérité pour ce premier album tout simplement parfait. Entre shoegaze electro et sonorités tribales obsédantes, ce disque ne laisse pas de marbre et nous laisse dériver au grès des courants sonores puissant qui déferlent tout au long des compositions de ces petits jeunes très prometteurs.




KTL - II

Le deuxième album de ce projet, à la base formé pour servir de bande son à une pièce de théâtre inspirée des Kindertotenlieder (célèbre recueil de "poèmes pour enfants morts" d'un père à ses fils décédés, beaucoup d'entre vous connaissent, je vais pas m'étendre d'avantage). Ce projet réunit Peter Rehberg (PITA) et Stephen O'Malley (Khanate, Sunn O))), Burning Witch, Ginnungagap...). Le premier album était très prometteur mais ce second opus le surpasse sans problème. J'ai eu l'occasion de le voir joué en live et c'était sans problème un des 10 meilleurs concerts auquel j'ai assisté de ma vie ! Une véritable claque. A noter que le III n'est pas terrible mais que le IV est démentiel.




Burzum - Hlidskjalf

On va cloturer cette liste par un vrai "bad boy", Burzum, le groupe d'un seul homme : Varg Vikernes. Egalement connu pour être bassiste dans un des groupes de black metal les plus influents de tous les temps : Mayhem. Le groupe est connu pour être une référence Black Metal mais aussi pour des faits divers assez inhabituels : d'abord ils ont brûlé des dizaines d'églises à travers toute la Norvège. Ensuite, ils avaient des coutumes assez étranges, ainsi le chanteur de l'époque, surnommé "Dead", avait pour habitude de s'enterrer avant les concerts pour avoir la peau plus blanche ou d'enterrer ses vêtements dans les cimetières voisins pour qu'ils aient l'odeur de décomposition. Il portait également un genre de sac sur scène où il mettait un corbeau mort pour renifler l'odeur de décomposition... charmant n'est pas ? Dead se suicida un peu plus tard en se tailladant les poignet et en se finissant à l'arme à feu. Quand deux autres membres le trouvent mort dans le chalet qui appartient au groupe, ils lui découpent le crâne pour manger un bout de son cerveau et se faire un collier avec des bouts d'os de son crâne... Un peu plus tard le guitariste du groupe, surnommé "Euronymous", sera tué par le bassiste de Mayhem de 23 coups de couteau, l'assassin est donc un certain Varg Vikernes, dont Burzum, le projet est déjà en route depuis un moment. Varg est évidemment emprisonné et devient en prison un leader néo-nazi... Il abandonne le black metal pour jouer une musique ambient à base de claviers car selon lui le black metal vient du rock qui vient du blues : une musique noire non-aryenne.... Cependant dans Burzum, si Varg Vikernes fera souvent allusion aux légendes et divinités du folkore viking, il n'y aura pas de trace d'idéologie nazie dans les albums. riquiqui à riquiqui Varg Vikernes se dégage de l'idéologie nazie, donnant même une interview expliquant qu'il n'est pas nazi car il respecte profondément les slaves et leurs cultures. En 2003 il tente de s'évader de sa prison mais est rapidement capturé. Il expliquera dans une interview qu'il trouve inacceptable d'être aussi bien traité en prison, car il a notamment un lit et la télévision et prétend qu'il demande tous les jours à ses gardiens qu'ils l'insultent et le mettent dans un cachot digne de ce nom. Burzum est mort en 2000, Varg Vikernes semble vouloir disparaitre progressivement du paysage médiatique norvégien mais également se calmer en terme d'idéologie, rejetant le nazisme, et pratiquant la religion Ásatrú tout en continuant à fustiger le christianisme. Cet album fait partie de la fin de Burzum, avec un côté ambient hypnotique et des thèmes principalement liés au folklore scandinaves et aux légendes et mythes norvégiens. Pour l'annecdote Varg Vikernes devrait sortir de prison l'année prochaine, et même s'il est nécessaire de rappeler qu'il est probablement un grand malade, on ne peut nier que son travail notamment dans Burzum est pour le moins remarquable dès lors que l'on fait abstraction du personnage qu'est son auteur.
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