Imani Coppola - The Black and White Album

On peut dire que ça fait quand même un sacré paquet de temps qu'on l'attend cet album. Et le pire c'est qu'il est aussi prêt à sortir depui un moment.
Bien connue pour avoir sorti quelques albums aussi frais que métissés puisque mélant pop, rnb, soul etc... Imani Coppola revenait en plein coeur de l'actualité il y a un peu plus d'un an. Et cela grâce à un autre artiste que l'on ne pensait pas voir un jour associé à Imani : Mike Patton.
En effet Imani Coppola assurait une bonne partie du chant sur le fameux projet "Peeping Tom" de l'ancien vocaliste de Faith No More. Parallèlement, Imani annoncait la sortie de ce disque sur son site ainsi que sur son profil myspace,mais, faute de moyen, il était normalement prévu que cet opus ne soit disponible que par téléchargement payant si je ne m'abuse. La rencontre avec Patton ayant visiblement porté ses fruits, la charmante Imani Coppola pouvait donc sortir son disque sur le label Ipecac appartenant au monsieur en question.
Ironie du sort, à quelques jours près de la sortie de ce disque, The Hives sortaient eux aussi un album intitulé "The Black and White Album".
Il faut avouer qu'on en attendait pas mal de ce disque, les morceaux écoutables sur Myspace étant d'un niveau assez excellent, surtout le très rock "Woke Up White".
L'album commence par le "Black & White Jingle #1" sorte d'intro pop minimaliste teintée de synthé mélancolique accompagné d'une basse écrasante, et une voix finalement assez discrète de la part d'Imani. Sympathique entrée en matière qui est pour autant, loin de l'explosion à laquelle on (je ?) s'attendait.
Spring Time suit, et ici on revient à des sonorités plus "acoustiques" avec cette batterie, cette guitare et surtout cet orgue directement pioché des années 60 / 70. Si le morceau est pour le moins très efficace on ne peut pas vraiment dire qu'il brille par son originalité, et la voix d'Imani, si elle est agréable, n'est pas non plus le point fort du titre.
Woke up Hwite arrive rapidement dans l'album, c'est enfin l'explosion attendue. Un titre très rock 'n roll monté en sauce par des guitares saturées très présentes, une batterie claquante et la voix d'Imani, qui cette fois s'illustre parfaitement en alternant mimiques vocales et chant gueulé sur le refrain. Efficace à 100% on ne regrettera que la longueur de ce titre, pour le moins beaucoup trop court.
Retour à la pop teintée de Rnb avec un titre assez long "Raindrops for the sun (hey hey hey)". Ici Imani renoue un peu avec ses albums précédents et on la sent bien plus à l'aise que sur le début du disque. Le titre groove bien, et passe plutôt comme une lettre à la poste. Imani maitrise son sujet et nous rassure un peu en ce début de disque mitigé.
"30th Birthday" franchit encore un autre pas dans le rnb, et Imani s'est même attaché les services d'un rappeur pour ce titre. Pas vraiment exceptionnel, on passe rapidement...
Comme une version psychopatho-moderne "Let it kill you" repart sur les penchants pop de la miss, tout en y ajoutant un petit côté très soul dans la voix. On respire un peu, même si l'assemblage du titre est tout de même un tantinet grossier en matière de production. J'aimerais toutefois beaucoup entendre ce qu'il donnera en live car il possède un réel potentiel.
Des sonorités plus electro ici avec "Dirty Pictures", une influence qui, de mémoire n'était pas encore ressorti dans les productions d'Imani Coppola jusque là. On poussera même jusqu'à évoquer l'electro-rock. Un bon titre qui laisse, pourquoi pas, d'autres pistes possible à Imani Coppola pour d'éventuelles idées à venir.
Autre titre que l'on connaissait depuis un bail, le sexuel "Keys to your ass" débarque pour le milieu de ce disque. Le début du titre me semble toujours un peu limite. L'influ rnb est clairement revendiquée ici, mais les ficelles semblent une nouvelle fois bien grosses et il manque un peu de folie et de créativité à tout cela.
Nouveau jingle interlude. Exactement la suite du premier, en un peu plus joyeux.
Nouvel essai electro, mais cette fois ci, Imani se sert beaucoup de ses racines hip-hop et rnb. Et une nouvelle fois c'est grandement addictif. Il y a vraiment à creuser de ce côté.
Encore un "vieux" morceau : J.L.I.A.T.O.Y.O un titre aussi étrange que la chanson l'est. Minimaliste d'abord. Juste un beat avec un max de disto dessus, et Imani qui vient rapper dessus. Là par contre c'est franchement du beau boulot. Il y a "rien" dans ce morceau et pourtant on bouge la tête instantanément. Le titre se termine par un clin d'oeil à John Lennon avec une reprise du riff du fameux "Imagine" du binoclard pendant qu'Imani gueule "Use your imaginatioooooon !!!". avec Woke up Hwite ça fait déjà deux excellentes raisons d'acheter l'album.
On arrive presque à la fin du disque. "I'm a pocket" vient saupoudrer une dose de groove sur un album qui n'en manquait pourtant pas tant que ça. Production un peu faiblarde, ça manque une nouvelle d'explosion. Mais on peut déjà affirmer que ce titre risque de faire très mal en live.
"This is my chicken" sonne comme un dernier jingle à cet album. 12 secondes de sonorités cheap proches de nos bonnes vieilles super nintendo.
Enfin Imani souhaite terminer sur une note très pop avec un "In a room" très british avec sa guitare et sa charleston matraquée comme dans les années 60. Chose assez sympa, Imani a samplé quelques morceaux des morceaux qui se sont écoulés tout au long du disque, ainsi on retrouve le "In my pocket" de "I'm a pocket", le "Hey Hey Hey" de "Raindrops for the sun (hey hey hey)" ou encore un bout d'instru de "This is my chicken". Une riche idée très fraiche qui clos cet album dans la bonne humeur.
Au final un bilan mitigé, alors qu'on s'attendait vraiment à un album exceptionnel, Imani nous décoche un simple bon album (ce qui est déjà pas mal compte tenu du niveau général d'autres disques sur le même créneau). On sent qu'Imani Coppola a vécu beaucoup de choses depuis son dernier album. Et lorsqu'elle essaie de retourner vers ce qu'elle faisait jusque là comme sur "Keys to your ass" ce n'est pas forcément des plus concluants car les ficelles sont un peu grosses et on tombe facilement dans le cliché.
Curieusement, les meilleurs moments sont ceux où Imani tente comme sur un Woke up Hwite très rock ou sur un J.L.I.A.T.O.Y.O ultra minimaliste. Et puis aussi, il est à noter le fort potentiel de la demoiselle dans un registre plus electro. Une vraie (bonne) surprise.
Pour terminer on note également deux autres défaut de taille. D'abord la production souvent discutable et insuffisante sur certains titres qui manquent de relief et de puissance, un gachis souvent car on sent bien qu'il s'agit de bons morceaux qui risquent d'être excellents en live. Et puis aussi le ciment liant les morceaux du disque est bien maigre, et l'on a l'impression qu'Imani se perd un peu en voulant aller dans trop de directions. Dommage !
Ecouter Imani Coppola : http://www.myspace.com/imanicoppola
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