Isobel Campbell & Mark Lanegan - Sunday at Devil Dirt

Il faut bien le dire, j’étais de ceux qui n’avaient pas vraiment apprécié le premier effort (Ballad of the broken seas) de ce duo aussi intéressant qu’improbable sur le papier.
Trop linéaire et surtout, trop chiant, cet album réunissant l’ex-chanteur des Screaming Trees et la membre de Belle and Sebastian m’avait plutôt profondément emmerdé.
Mais on ne se refait pas, et je suis du genre à pouvoir (presque) tout pardonner à Mark Lanegan, étant autant fan de ces premiers émois sonores avec les Screaming Trees que de ses albums solos dont il vient nous enivrer régulièrement et également des collaborations par poignées, le plus souvent, il faut le dire, franchement canons (on se souvient tous en particulier de celles avec Queens of the stone Age, Kurt Cobain, Greg Dulli ou plus récemment les Soulsavers).
J’ai donc laissé une chance à ce disque, et bien m’en a pris ! Dès les premières notes, une guitare arrive discrètement, bientôt éclipsée par une voix de Mark Lanegan à faire fondre la banquise. Et c’est bien la marque de fabrique de ce disque. Si apparemment Isobel Campbell reste l’initiatrice de ce projet, elle est beaucoup plus en retrait sur ce disque et Lanegan chante pratiquement tous les morceaux.
Seafearing Song est donc le titre d’ouverture de cet album, et c’est sans nul doute un de mes préférés, il est suivi du non-moins excellent Raven. Ici la voix de Mark Lanegan, envoute plus que jamais l’auditeur dans des sonorités rappelant parfois Tom Waits mais surtout Leonard Cohen, avec une certaine aveuglante noirceur magnifique.
Salvation est le titre suivant, Lanegan le débutant seul à la voix avec juste une guitare folk. Très Johnny Cash, ce titre continue à nous ravir les tympans de riffs simples mais travaillés et de la voix si particulière de Lanegan (oui je me répète mais cela faisait vraiment des années que je n’avais pas entendu une voix si bonne de sa part, et pourtant on sait bien que le bonhomme est plutôt un technicien hors pair à ce niveau)
Who Built The Road fait quant à lui plus ressortir (enfin) la voix d’Isobel Campbell, cette voix si féminine qui se marie si bien avec les vrombissements vocaux du grand tatoué. Ici aussi on est face à un morceau qu’on n’oubliera pas, et qu’on sifflera longtemps ou chantera encore après que le disque ne tournera plus dans la platine.
La fin du disque sera elle aussi tout aussi bonne, dans un style bluesy voir country (notamment ce titre assumé seule par Isobel Campbell avec juste une guitare jouée au bottleneck).
Le titre final « Sally don’t you cry », incroyablement minimaliste fait une nouvelle fois étalage du pouvoir dévastateur de la voix de Mark Lanegan, qui tient à bout de bras un morceau fait de rien, mais au final franchement somptueux.
En conclusion, LA vraie bonne surprise de l’année pour ma part, un disque dont je n’attendais rien, voir même pire et qui s’avère être une des galettes qui tourne le plus (pour ne pas dire en quasi boucle) depuis sa sortie sur ma platine.
Exit les ballades chiantes et soporifiques de « Ballad of the Broken Seas » place à des vrais morceaux tantôt pop, blues ou country. J’ai vraiment hâte de voir le duo défendre cette production ce samedi à Bruxelles.
Verdict dans quelques jours sur ce blog.
Ecouter Mark Lanegan : http://www.myspace.com/marklanegan
Ecouter ISobel Campbell : http://www.myspace.com/isobelcampbell