Public Image Ltd - Flowers of romance

Pour beaucoup de gens, PiL restera à jamais ce groupe groovy formé par John Lydon (aka le Johnny Rotten des Sex Pistols) après l'explosion de celui-ci. On en garderait donc uniquement les tubes plus dancefloor, comme ce fabuleux single "This is not a love song" (que je prends moi-même un malin plaisir à balancer en soirée, sur vinyle d'époque s'il vous plait), ainsi qu'une poignée de clips aux couleurs qui piquent aux yeux et à l'intérêt douteux, mais au ridicule souvent certain.
C'est oublier un peu vite cet album, Flowers of Romance, bien moins populaire que la Metal Box, que Album ou encore This is What you want... this is what you get.
Un disque, comme pour nous rappeler qu'après tout, John Lydon est bien un des musiciens les plus allumés de sa génération. Ici on est bien loin des ambiances groovys, des tubes en puissance, ou même des guitares crades des Pistols autrefois... Après deux albums de PiL, à lutter contre sa propre folie, Lydon semble sur ce disque, sur le point de perdre son combat. Car c'est bel et bien un album sans aucune liaison avec le monde réel que nous sert là PiL.
Le disque commence ainsi avec Four Enclosed Walls, comme pour nous préparer à une suite sans pitié. Le second titre, intitulé Track 8 (ne me demandez pas pourquoi), commence lui par un collage sonore des plus bizarres avant de s'en aller vers des sonorités très froides, rythmées par la voix de Lydon, qui reste cela dit encore très sobre pour le moment.
C'est avec Phenagen que l'album va véritablement basculer. Cette fois, nous sommes vraiment au coeur des ténèbres, au beau milieu du cerveau torturé et cuit à coups d'acides de John Lydon. Un son strident en guise d'intro, bientôt suivi d'un rythme tribal. On se demande clairement où on est, la mélodie arrive petit à petit, sur ce rythme tribal qui se transforme finalement en rythme martial, puis la mélodie se tait... et fait place à la voix de John Lydon, terrifiante à vrai dire, ponctuée d'une cloche, le rythme martial s'est presque transformé en marche funèbre, Lydon hurle à la mort "AMEN ! AMEN ! AMEN!".... superbe, sombre, génial, le disque prend réellement tout son sens à ce moment précis.
S'en suit alors le morceau-titre de ce disque, Flowers of Romance. Toujours des rythmes mis en avant, avec des intrus inquiétantes, faites d'on ne sait quoi, d'instruments venus d'ailleurs, qu'on pourrait même croire sortis de l'imagination de Lydon, qui ici nous décoche une voix tout bonnement hallucinante... comment ne pas avoir de frissons en entendant cette rengaine d'une efficacité à toute épreuve : "The Floweeeeers of roooomaaaanceee". Après une intro en douceur et un morceau à l'aspect glacial qui nous avait mis une première baffe, Lydon vient nous embarquer dans sa folie, et à vrai dire on est trop ébouriffés pour pouvoir se défendre... c'est le pain figé devant le phare de voiture. Impossible d'en décrocher.
Under the House renoue ensuite avec le rythme tribal que John Lydon semblait beaucoup aimer à cette époque (en fait, lorsqu'il était au sein de PiL, il parait qu'il n'aimait plus du tout écouter du rock). Sorte de trip ultime, on n'ose imaginer l'état dans lequel était Lydon lorsqu'il l'a composé...
Hymie's Him, sera une interlude parfaite, brillant par son ambiance, inquiétante toujours. Lydon construit petit à petit la BO parfaite de ses cauchemars.
Et l'on reprend ensuite du rythme avec Banging The Door qui brille par son accessiblité (relative certes, mais assez rare sur cet album pour être souligné). Le rythme est toujours mis en avant, Une basse lourde vient gronder, pendant que la voix de crécelle de Lydon dégueule dans nos oreilles, ambiance malsaine certes, mais Lydon sait nous marteler ses mélodies comme ses textes pour nous déformer le crâne comme s'il nous le tapait sur une enclume.
"Keep Banging The Door
Keep Banging The Door
Keep Banging The Door
Keep Banging The Door"
Go Back, suivra un peu le mouvement de Banging the Door, toujours très dépouillé, Lydon s'essaie à une nouvelle façon de chanter et brouille une nouvelle fois les pistes "Left, Right, Left Right" scande-t-il, car il nous mène par le bout du nez d'un endroit à l'autre sur ce disque, et alors qu'on pensait savoir ce qu'il avait derrière la tête, Lydon nous balance un autre titre qu'on avait pas vu venir, à l'opposé de la vision qu'on avait jusque là de cet album.
Francis Massacre, repart vers le côté tribal de Lydon, à nouveau, avec cette fois un côté bruitiste en plus, et très avant-garde. On y reconnait des influences comme le jazz ou la musique contemporaine (notamment avec ce piano qui tente d'exister dans ce joyeux bordel organisé par Lydon, qui s'improvise le temps d'un titre, chef d'orchestre).
Flowers of Romance revient alors, en version instrumentale cette fois. Pas grand intéret pour une fois.
Home Is Where The Heart Is, nous plonge vers une autre passion de Lydon : le reggae, que Lydon apprécie beaucoup à l'époque, et qu'il se vante alors d'écouter en masse, et cette basse lourde et groovy en est le fruit inconstestable, bien que Lydon continue au delà de ça à faire du "Lydon" en chantant.
Enfin l'album se cloture par un titre assez étrange "Another". Basse lourde, ambiance inquiétante alimentée par une voix de Lydon plaintive. On quitte alors un disque comme on l'avait commencé : La tête pleine de questions. Mais pas les mêmes qu'au début.
Album hors-norme, complètement dingue, et qui a pour sûr influencé un véritable régiment de groupes d'horizons très différents. Ce disque demeurera une des pièces majeures de PiL, le genre de galettes qui font que ce groupe trop souvent oublié, mérite bel et bien sa place au rang des groupes les plus géniaux et inventifs de leur époque.
C'est oublier un peu vite cet album, Flowers of Romance, bien moins populaire que la Metal Box, que Album ou encore This is What you want... this is what you get.
Un disque, comme pour nous rappeler qu'après tout, John Lydon est bien un des musiciens les plus allumés de sa génération. Ici on est bien loin des ambiances groovys, des tubes en puissance, ou même des guitares crades des Pistols autrefois... Après deux albums de PiL, à lutter contre sa propre folie, Lydon semble sur ce disque, sur le point de perdre son combat. Car c'est bel et bien un album sans aucune liaison avec le monde réel que nous sert là PiL.
Le disque commence ainsi avec Four Enclosed Walls, comme pour nous préparer à une suite sans pitié. Le second titre, intitulé Track 8 (ne me demandez pas pourquoi), commence lui par un collage sonore des plus bizarres avant de s'en aller vers des sonorités très froides, rythmées par la voix de Lydon, qui reste cela dit encore très sobre pour le moment.
C'est avec Phenagen que l'album va véritablement basculer. Cette fois, nous sommes vraiment au coeur des ténèbres, au beau milieu du cerveau torturé et cuit à coups d'acides de John Lydon. Un son strident en guise d'intro, bientôt suivi d'un rythme tribal. On se demande clairement où on est, la mélodie arrive petit à petit, sur ce rythme tribal qui se transforme finalement en rythme martial, puis la mélodie se tait... et fait place à la voix de John Lydon, terrifiante à vrai dire, ponctuée d'une cloche, le rythme martial s'est presque transformé en marche funèbre, Lydon hurle à la mort "AMEN ! AMEN ! AMEN!".... superbe, sombre, génial, le disque prend réellement tout son sens à ce moment précis.
S'en suit alors le morceau-titre de ce disque, Flowers of Romance. Toujours des rythmes mis en avant, avec des intrus inquiétantes, faites d'on ne sait quoi, d'instruments venus d'ailleurs, qu'on pourrait même croire sortis de l'imagination de Lydon, qui ici nous décoche une voix tout bonnement hallucinante... comment ne pas avoir de frissons en entendant cette rengaine d'une efficacité à toute épreuve : "The Floweeeeers of roooomaaaanceee". Après une intro en douceur et un morceau à l'aspect glacial qui nous avait mis une première baffe, Lydon vient nous embarquer dans sa folie, et à vrai dire on est trop ébouriffés pour pouvoir se défendre... c'est le pain figé devant le phare de voiture. Impossible d'en décrocher.
Under the House renoue ensuite avec le rythme tribal que John Lydon semblait beaucoup aimer à cette époque (en fait, lorsqu'il était au sein de PiL, il parait qu'il n'aimait plus du tout écouter du rock). Sorte de trip ultime, on n'ose imaginer l'état dans lequel était Lydon lorsqu'il l'a composé...
Hymie's Him, sera une interlude parfaite, brillant par son ambiance, inquiétante toujours. Lydon construit petit à petit la BO parfaite de ses cauchemars.
Et l'on reprend ensuite du rythme avec Banging The Door qui brille par son accessiblité (relative certes, mais assez rare sur cet album pour être souligné). Le rythme est toujours mis en avant, Une basse lourde vient gronder, pendant que la voix de crécelle de Lydon dégueule dans nos oreilles, ambiance malsaine certes, mais Lydon sait nous marteler ses mélodies comme ses textes pour nous déformer le crâne comme s'il nous le tapait sur une enclume.
"Keep Banging The Door
Keep Banging The Door
Keep Banging The Door
Keep Banging The Door"
Go Back, suivra un peu le mouvement de Banging the Door, toujours très dépouillé, Lydon s'essaie à une nouvelle façon de chanter et brouille une nouvelle fois les pistes "Left, Right, Left Right" scande-t-il, car il nous mène par le bout du nez d'un endroit à l'autre sur ce disque, et alors qu'on pensait savoir ce qu'il avait derrière la tête, Lydon nous balance un autre titre qu'on avait pas vu venir, à l'opposé de la vision qu'on avait jusque là de cet album.
Francis Massacre, repart vers le côté tribal de Lydon, à nouveau, avec cette fois un côté bruitiste en plus, et très avant-garde. On y reconnait des influences comme le jazz ou la musique contemporaine (notamment avec ce piano qui tente d'exister dans ce joyeux bordel organisé par Lydon, qui s'improvise le temps d'un titre, chef d'orchestre).
Flowers of Romance revient alors, en version instrumentale cette fois. Pas grand intéret pour une fois.
Home Is Where The Heart Is, nous plonge vers une autre passion de Lydon : le reggae, que Lydon apprécie beaucoup à l'époque, et qu'il se vante alors d'écouter en masse, et cette basse lourde et groovy en est le fruit inconstestable, bien que Lydon continue au delà de ça à faire du "Lydon" en chantant.
Enfin l'album se cloture par un titre assez étrange "Another". Basse lourde, ambiance inquiétante alimentée par une voix de Lydon plaintive. On quitte alors un disque comme on l'avait commencé : La tête pleine de questions. Mais pas les mêmes qu'au début.
Album hors-norme, complètement dingue, et qui a pour sûr influencé un véritable régiment de groupes d'horizons très différents. Ce disque demeurera une des pièces majeures de PiL, le genre de galettes qui font que ce groupe trop souvent oublié, mérite bel et bien sa place au rang des groupes les plus géniaux et inventifs de leur époque.
Publicité